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Suisse

La construction verte chez les Helvètes

Des logements aux bureaux, en passant par les nouveaux quartiers ou la gestion des déchets de chantiers, la construction verte est en train de faire une percée spectaculaire en Suisse romande.

A l’origine de ce dynamisme remarquable dans le secteur de la construction verte en Suisse romande, on trouve, comme c’est généralement le cas, une combinaison de facteurs.

On relèvera notamment :

- un plan fédéral baptisé « La société à 2.000 watts » et qui a pour ambition de diminuer par trois la consommation d’énergie par habitant ;

- les recherches menées depuis des années par le laboratoire d’énergie solaire de l’Ecole polytechnique de Lausanne ;

- la prise de conscience citoyenne et le travail mené par des associations, dont Ecoparc à Neuchâtel, qui rassemble 80 acteurs publics et privés de la construction désireux d’intégrer les principes du développement durable dans leurs projets ;

- la structure décisionnelle, très éclatée au niveau politique en Suisse, qui laisse la place à des expériences concrètes. « Dans le canton de Vaud, par exemple, un membre du gouvernement est écologiste et il s’occupe des bâtiments. Cela fait avancer les choses », nous rapporte un architecte ;

- et surtout un label privé baptisé « Minergie  », dont le slogan « Meilleure qualité de vie, faible consommation d’énergie » semble réellement atteindre la société.

Les principes de base de Minergie, qui remontent au début des années 2000, sont simples : une enveloppe externe du bâtiment étanche à l’air et fortement isolée, un système d’aération doux et automatique avec récupération de chaleur. Pour arriver à ces performances, le surcoût de la construction ou de la rénovation ne doit pas dépasser de plus de 10% le prix d’un chantier conventionnel de référence. Mais, par rapport à ce bâtiment conventionnel d’aujourd’hui, la consommation d’énergie thermique d’un bâtiment Minergie doit être réduite de 55%. En contrepartie, un taux hypothécaire privilégié est notamment consenti au constructeur ou au rénovateur.

Plus récemment, le label « Minergie-P » a été instauré. Pour l’atteindre, la performance du logement doit être telle que la consommation ne dépasse pas les 30 kWh par m² et par an (soit 375 litres de mazout par an pour une habitation de 125 m², par exemple) et 25 kWh par m² et par an pour les bureaux. Le surcoût de la construction ne doit pas dépasser 15% par rapport à un chantier classique. De quoi récupérer son investissement rapidement. Autre évolution du label : « Minergie-Eco », qui certifie la qualité sanitaire et écologique d’un bâtiment (éclairage naturel optimisé, faibles nuisances sonores, faible concentration de polluants, déconstruction aisée du bâtiment avec valorisation des matériaux…). C’est le cas, entre autres, de l’étonnant Centre d’entretien des routes nationales, à Bursins, dans la canton de Vaud.

Plus globalement, Minergie traverse toute la société. On citera en exemple l’important chantier mis sur pied par une coopérative publique et appelé « 3.000 logements durables à Lausanne ». Les premières habitations de ce programme, qui s’étalera sur une période de dix ans, sont en train de sortir de terre. Ces bâtiments Minergie-Eco sont très demandés par la population. Ils intégreront notamment des matériaux locaux, dont le bois.

Certaines constructions modèles visitées lors de ce reportage, comme le « Green offices », vont encore nettement plus loin que le Minergie-P-Eco. On commence à atteindre là une cohérence écologique modèle dans le secteur du bâtiment.

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