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Politiques de crise, crises du politique

Depuis plusieurs années, la notion de crise est constamment à l’agenda politique et médiatique. Si bien que les politiques de crise, concotées depuis des décennies par les élus, conduisent à des crises profondes du politique. Et si la période actuelle appelait à repenser les instruments à la disposition des autorités publiques, à innover, pour conserver la confiance de la population et éviter d’ajouter de la crise (politique) à la crise (économique et sociale) ?

Qu’elle soit politique, économique, budgétaire, sociale, internationale, environnementale, sanitaire, financière, ministérielle… une chose est certaine et inlassablement répétée : « C’est la crise ! » Depuis plusieurs années, la notion de crise est constamment à l’agenda politique et médiatique [1]. Elle est mobilisée pour cadrer de nombreux débats, en particulier économiques et sociaux [2]. Elle sert à donner du sens et à légitimer des actions gouvernementales (baisse de la durée des allocations de chômage en Belgique, augmentation de la TVA en Grèce, etc.) ou des décisions prises par des opérateurs économiques (fermetures de sites ou d’outils comme chez ArcelorMittal, licenciement collectif chez Caterpillar à Charleroi, etc.). A l’inverse, d’autres acteurs, notamment syndicaux, dénoncent le recours à ce type d’arguments. C’est par exemple le cas lorsqu’il s’agit, pour eux, de s’opposer à des plans d’austérité [3] présentés comme inévitables, en raison précisément de la situation de crise.
Mais qu’est-ce qu’une crise ? Généralement, quand on parle de crise, on pense à des périodes brèves, décisives et difficiles. On fait référence à une rupture d’équilibre momentanée entre deux périodes « normales ». C’est un usage courant, par exemple lors d’une crise ministérielle, entre la chute d’un gouvernement et la nomination d’un nouveau cabinet [4]. Ou bien lors d’une urgence sanitaire, pensons à la crise de la dioxine de 1999, lorsque la Belgique a connu une contamination accidentelle de la chaîne alimentaire.

(...)

[1Elle est également à l’agenda scientifique et sera au cœur du sixième congrès de l’Association belge francophone de science politique organisé à Liège les 10 et 11 avril 2014, « Politiques de crise, crises du politique », www. sciencepolitique.be.

[2Sur la question du cadrage en politique, voir la chronique « Etre dans le champ ? De l’importance du cadrage en politique », Imagine, n° 94, novembre-décembre 2012, p. 20-21.

[3Ou de « rigueur », pour les acteurs plus favorables à ces politiques. Ce qui constitue un autre exemple du travail de cadrage politique.

[4Bien qu’en Belgique, les dernières crises gouvernementales puissent difficilement être qualifiées sans sourire de « momentanées ». Pour rappel, il fallu 541 jours après les élections de 2010 pour former le gouvernement Di Rupo.

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