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Coopératifs... par instinct

Il est un mythe tenace : celui d’un être humain par nature égoïste. Des expériences économiques récentes viennent pourtant bouleverser cette croyance…

C’est bien connu, dans la nature il n’y a qu’une seule loi : la loi du plus fort. Compétition, chacun pour soi, agressivité et égoïsme, tels sont les piliers d’un soi-disant « darwinisme ». Que Darwin n’ait jamais écrit cela importe peu, c’est un mythe fondateur de notre société libérale. De toute manière, ceux qui n’y souscrivent pas ne survivent pas bien longtemps… Parole d’économiste !
Amusons-nous un peu, et testons ce mythe. Première étape, énoncer une hypothèse. Si le mythe est vrai, alors nous serions instinctivement égoïstes, et les comportements coopératifs seraient plutôt l’apanage de la raison. L’hypothèse inverse, même si elle paraît invraisemblable, serait donc : les gens sont instinctivement coopératifs, et c’est la raison qui les rend égoïstes. Laquelle des deux hypothèses se rapproche le plus de la réalité ?
Pour répondre à cette question, trois chercheurs de l’université Harvard ont conduit une série d’expériences utilisant un jeu économique bien rodé appelée Public Good Game (voir encadré Méthodo), dans lequel des participants reçoivent une somme d’argent et peuvent décider de la garder pour eux ou de l’investir dans un pot commun. On teste alors la psychologie des joueurs, et en particulier leur caractère coopératif ou égoïste. Plus la contribution au pot commun est grande, plus le sujet est considéré comme « coopératif  ». Les résultats de cette étude, publiés fin 2012 dans la revue Nature [1], sont surprenants à plus d’un titre.

(...)

[1D. G. Rand et al. (2012), « Spontaneous giving and calculated greed », Nature n° 489, p. 427-430.

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