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Les Acteurs des temps présents

En marche ! - dossier

Artistes, ouvriers, agriculteurs, travailleurs du non-marchand, universitaires, salariés… Ils ont décidé de former un front commun inédit baptisé Les Acteurs des temps présents (ATP). Pour clamer leur ras-le-bol face aux politiques d’austérité et proposer des solutions alternatives. Du 22 au 26 avril, à la veille des élections, ils lanceront une série de marches citoyennes à travers toute la Communauté Wallonie-Bruxelles. Imagine s’associe au mouvement.

Rentabilité à court terme, déshumanisation du travail, absence de vision à long terme du point de vue social, économique et écologique… » Pour Marek Hudon, économiste et professeur à l’ULB, cela va presque de soi : « Que l’on soit agriculteur, artiste ou travailleur salarié, les difficultés et les luttes sont similaires. » Alors pourquoi ne pas s’unir, pour additionner les forces et les idées ? Du côté de la FGTB, l’envie est claire. « Nous ne voulons pas rester entre nous, explique Thierry Bodson, secrétaire général de l’interrégionale wallonne. Il nous faut porter le message de façon plus générale si nous voulons que les choses changent. » Et trouver d’autres façons de faire bouger les lignes.

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« Une agriculture au service de l’homme, pas de l’agrobusiness »

Le secteur agricole résiste, lui aussi. Reportage à Bassilly, dans le Hainaut, où Franz Chevalier, éleveur de blanc bleu belge, défend « la qualité avant tout ».

Ce troupeau, sourit Franz, en s’appuyant sur un râtelier, c’est un peu comme mes enfants. » Hiver oblige, ses « champions » sont à l’étable. Deux cent quarante bovins, taureaux, génisses, petit veaux, tous (ou presque) de race blanc bleu belge soigneusement alignés dans quatre hangars spacieux et impeccables. « On fait son possible », dit humblement l’agriculteur. « L’été, c’est encore plus beau, toutes mes jardinières sont fleuries », se réjouit son épouse. Franz Chevalier, 58 ans, et sa femme Maria ont repris cette ferme d’élevage implantée à Bassilly (Hainaut) en 1981. « Mon père la tenait de son père. J’étais fils unique et passionné. La question de la reprise ne s’est pas posée. »

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Des voies nouvelles et créatrices

Ici, ce sont des économistes « atterrés » qui traquent les fausses évidences économiques. Là, des agriculteurs qui rassemblent et mutualisent leurs savoir-faire. Plus loin, des habitants de la ville qui se réapproprient l’espace public et des travailleurs qui s’unissent en coopérative. Voici quatre exemples d’alternatives au courant dominant.

⇨Les économistes
« Investir dans l’écologie, relancer l’activité réelle »
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⇨Les coopérateurs
Favoriser la reprise des entreprises par les travailleurs
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⇨Les agriculteurs
Mutualiser les achats de terres
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⇨Les urbains
Se réapproprier l’espace public
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« Défendons le service public »

Témoignage | Hendrik Geubels, cheminot

Dans l’ensemble, la libéralisation est plutôt mal vue par les gens… Que les chemins de fer restent une entreprise publique paraît plus logique pour beaucoup, me semble-t-il. En 2019, nous allons devoir ouvrir les lignes à la concurrence… Mais la SNCF ne va pas venir desservir Virton  !  » Hendrik Geubels est cheminot. « Ici, c’est mon biotope », dit-il. Ex-fonctionnaire dans un ministère, il a voulu quitter son bureau. « J’aimais les trains depuis toujours. A la fin des années 90, la SNCB recrutait en masse. Je me suis lancé, et suis devenu accompagnateur. » A présent chef instructeur, il est revenu dans un bureau – avec vue sur les rails de la gare de Bruxelles- Midi – et forme les jeunes accompagnateurs qui sillonneront les voies du pays.

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Les artistes se mobilisent aussi
« La culture de masse emporte tout »

Si vous trouvez que la culture coûte trop cher, essayez l’inculture  [1] ! Entre des artistes dont le statut – lorsque par chance ils y avaient droit – est de plus en plus menacé et la part de budget consacrée à la culture, dérisoire et encore rabotée, non indexée, notre Etat et au-delà l’Union européenne ne semblent guère se préoccuper d’aider leurs citoyens à créer, ni d’avoir la volonté de maintenir une culture vivante, intelligente, audacieuse. « Tout en disant que c’est par la culture que nous sortirons de la crise, qu’il faut développer une culture européenne », remarque Jean Delval, du Théâtre des Rues [2].

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[1Nous faisons ici un emprunt à Abraham Lincoln, qui a dit : « Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. »

[2Troupe de théâtre-action (theatredesrues@skynet.be). Voir aussi les Editions du Cerisier qui publient les textes joués (editions-du-cerisier.be).

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