Coup de pouce

Delphine Hermans : la poésie du réel

Diplômée de La Cambre, Delphine Hermans, 34 ans, est une artiste aux multiples talents. BD, illustrations, carnets de bord, cinéma d’animation, elle navigue, en toute modestie, entre les bulles et les images. Entretien avec une créatrice installée à Liège capable de passer du monde réel aux rêves les plus doux.

Delphine Hermans, vous avez illustré le dernier numéro d’Imagine sur le climat. En deux mots, quel est votre parcours ?
Je suis originaire de La Louvière. J’ai fait deux années d’histoire de l’art avant de changer d’orientation. Et après ces cinq années en cinéma d’animation à La Cambre, j’ai travaillé un peu en Flandre, dans un atelier pour enfants. Et Jean-Luc Slock, de Caméra-etc est venu me voir. Ça fait 10 ans et je suis toujours là. C’est une chance de travailler dans et Atelier de production, qui est également un centre d’expression et de créativité qui initie les enfants, les jeunes et les adultes à la réalisation de films d’animation. J’y rencontre un public varié et ça me permet de nourrir mon travail plus personnel.
Comment êtes-vous venue à l’illustration ?
Ma sœur Annële, romaniste de formation, a travaillé dans le secteur humanitaire. Elle est notamment partie un an à Bethléem, en Palestine, pour travailler avec des enfants. A son retour, elle avait plein d’histoires à partager. Et nous avons décidé de construire un projet de bande dessinée ensemble. Le projet s’appelle Les Amandes vertes, publiée en 2011 aux éditions Warum, un magnifique échange épistolaire qui raconte le quotidien des habitants de Palestine. Une BD qui a par ailleurs reçu le prix Médecins sans frontières. Depuis lors, vous avez pris goût à l’édition.
Oui, avec Michel Vandam, scénariste, nous avons ensuite édité Sept jours de canicule, une histoire qui raconte la vie d’un quartier au bord du fleuve. Un éditeur avait pris le projet, puis il a renoncé. Nous avons alors lancé un crowfunding et édité la BD à 200 exemplaires. Après ça, nous avons sorti en octobre 2014, Avant d’oublier, toujours aux éditions Warum, qui raconte l’histoire d’une jeune femme partie à la rencontre de quatre vieux de son quartier (planches ci-dessous). Depuis, nous préparons un autre album pour 2016 qui s’appellera La boule à zéro et raconte la vie d’une famille frappée par la maladie, un événement dramatique qui provoquera une véritable onde de choc dans tout l’entourage.
Comment décrivez-vous votre univers graphique ? J’aime raconter des histoires, des idées, en allant droit au but, sans m’encombrer de détails, sans farfouiller derrière. J’aime les choses sobres, efficaces. A côté de l’illustration, vous réalisez également des courts métrages d’animation, qui ont également reçu plusieurs prix. Et vous passez d’un univers plus réaliste à un monde plus poétique.
Oui, je me sens à l’aise sur les deux terrains : le réel et l’imaginaire. Grâce à mon travail chez Caméra-etc, je peux aisément faire des allers retours. C’est un plaisir et un luxe. Sans un contrat de salarié, je ne pourrais pas vivre de mon art.
Propos recueillis par H.Do.

Le blog de Delphine Hermans :
delphinehermans.canalblog.com/
Ses réalisations en cinéma d’animation :
http://www.dailymotion.com/delphinehermans#video=xasopd



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