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Agir


L’atelier

Grande-Synthe,
verte et solidaire

Malgré 30 % de chômage et un tiers de foyers vivant sous le seuil de pauvreté, la commune de Grande-Synthe, dans le nord de la France (21 000 habitants), a pris le parti d’accueillir des centaines de migrants. Sous l’impulsion de son maire Damien Carême (EELV) et de son équipe, la municipalité mène par ailleurs des politiques écologiques et sociales ambitieuses (université populaire, premier stade de France à énergie positive, écoquartier…). Reportage dans un coin de l’Hexagone où, contrairement à ce qui se passe dans la ville voisine, Calais, l’accueil des candidats réfugiés est un modèle de gestion et de solidarité.

Jusqu’il y a peu, le nom de Damien Carême (Europe Ecologie Les Verts) était bien moins connu que celui de Natacha Bouchart (Les Républicains), son homologue calaisienne de la droite dure, proche de Nicolas Sarkozy. Comme elle pourtant, le maire écologiste de Grande-Synthe a dû gérer sur sa commune, et dans des proportions comparables, l’arrivée depuis près d’un an d’un nombre conséquent de migrants qui souhaitaient se rendre en Angleterre. Pour l’essentiel des Kurdes d’Irak qui ont représenté jusqu’à 10 % de la population locale – 21 000 habitants – en décembre dernier.
La réponse humaniste et déterminée de Damien Carême et de son équipe, face à une crise humanitaire sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, fait que toute comparaison s’arrête là. La ville de Grande-Synthe a créé le premier camp français aux normes du HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Cet épisode très médiatisé a révélé par ailleurs une ville pionnière dans l’aménagement du territoire, qui s’efforce de conjuguer écologie et lutte contre les inégalités sociales.
La maison communale de Grande-Synthe est à l’image de la ville : un bâtiment de briques rouges, inauguré en 1978. Elle jouxte une cité HLM et son immense jardin partagé. On ne vient pas à Grande-Synthe, troisième localité de la communauté urbaine de « Dunkerque grand littoral », pour les richesses d’un patrimoine historique entièrement disparu.
Malmené en 1940, le secteur a été détruit par l’armée allemande en septembre 1944.
Après l’installation de l’usine sidérurgique d’Usinor en 1958, le modeste village de maraîchers a connu une explosion urbaine. C’est aujourd’hui une ville en grande difficulté, avec 28 % de la population active au chômage (soit un taux près de trois fois supérieur à la moyenne nationale), un faible niveau de qualification et un tiers de foyers vivant sous le seuil de pauvreté.

« Partager l’avoir, le savoir et le pouvoir »
En 1971, une première équipe municipale, portée par René Carême, père du maire actuel, mène une politique volontariste pour doter la ville d’équipements sociaux et culturels. Électricien syndicaliste formé à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), membre du Parti socialiste, l’édile a pour devise le « partage de l’avoir, du savoir et du pouvoir ». Il double la taxe professionnelle – elle représente aujourd’hui 90 % des revenus de la ville – et ouvre ainsi la voie à une politique publique ambitieuse, notamment la création d’un « revenu social garanti », qui annonce le RMI mis en place en 1988 par Michel Rocard. René Carême quitte la mairie au cours de son quatrième mandat, en 1992. Son fils Damien reprend le flambeau en 2001, trois ans avant que son père ne s’éteigne comme il a vécu, dans une modeste HLM.
Socialiste passé à Europe Écologie Les Verts en 2014, Damien Carême multiplie les exploits environnementaux en milieu hostile, influencé par le mouvement de transition qui émerge de l’autre côté de la Manche [1].
Entourée de 14 sites classés Seveso, à quelques kilomètres de la plus grosse centrale nucléaire d’Europe de l’Ouest, Grande-Synthe est devenue la capitale mondiale de la biodiversité en 2010. Plus de la moitié de l’énergie consommée par la ville est (...)

=> Lire l’intégralité de cet article dans notre magazine.

[1Ce mouvement entend d’une part inciter les citoyens d’un territoire (bourg, quartier, village…) à prendre conscience des profondes conséquences que vont avoir sur nos vies la convergence du pic du pétrole et du changement du climat et, d’autre part, de la nécessité de s’y préparer concrètement.

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