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Sciences par Pablo Servigne

L’espoir peut être toxique

Il est de bon ton dans le milieu écologiste de s’interdire de parler de catastrophes au risque de « démobiliser » un public déjà fragile et stressé. Et si c’était une mauvaise stratégie ?


Slalit

Beaucoup de jeunes sont informés des catastrophes globales, et cela les inquiète. Il règne dans cette jeune génération un parfum de désespoir, de pessimisme et de résignation, que l’éducation aux problèmes environnementaux peut contribuer à renforcer. Par exemple, 27 % d’Australiens âgés de 10 à 14 ans pensent qu’ils vivront la fin de leur monde à cause du réchauffement climatique [1]. Que fait-on face à cela ? Éviter les émotions dites « négatives  » comme la peur, la colère ou le désespoir, et se concentrer uniquement sur les aspects « positifs » qui redonnent espoir ?

Se méfier de l’espoir
Pour l’écrivain et militant écologiste Derrick Jensen, qui est connu pour ne pas mâcher ses mots, la réponse est non. « L’espoir nous maintient enchaînés au système, au conglomérat d’individus, d’idées et d’idéaux qui détruit la planète. » Il fait croire que « soudainement, de quelque façon, le système va inexplicablement changer. Ou [que] la technologie va nous sauver. Ou la déesse mère. Ou des créatures d’Alpha du Centaure. Ou Jésus- Christ. Ou le père Noël. Tous ces faux espoirs mènent à l’inaction, ou au moins à l’inefficacité. Une des raisons pour lesquelles ma mère restait avec mon père, qui la violentait, était le fait qu’il n’y avait pas de foyers pour femmes battues dans les années 50 et 60, une autre était qu’elle avait l’espoir qu’il changerait. » [2] Plus douce que Jensen, mais tout aussi lucide, l’écopsychologue spécialiste du bouddhisme Joanna Macy avoue, après avoir publié le livre L’espoir actif3 : « Jamais je n’aurais imaginé écrire un livre avec le mot “espoir” dans le titre ! J’avais l’habitude de dire : “Ne me parlez pas d’espoir. L’espoir est un tueur.” J’avais de bonnes raisons de penser cela. Je voyais que l’espoir pouvait endormir les gens, et les laisser croire que le justicier masqué viendrait prendre le relais. Dans la tradition bouddhiste, il n’y a pas de place pour l’espoir. L’espoir vous extrait du moment présent. »4 Et comme le dit si bien le dicton de cette tradition, « l’espoir et la peur se poursuivent l’un l’autre ». Tout cela est déroutant. Pour nous aider à y voir plus clair, Joanna Macy et le psychologue Chris Johnstone ont distingué deux types d’espoir (...)

=> Lire l’intégralité de cette chronique dans notre magazine.

[1J. Tucci et al. Children’s fears, hopes and heroes. Australian Childhood Foundation, 2007.

[2Extrait du livre de Derrick Jensen, Endgame, Seven Stories Press, 2006. Le texte traduit en français s’intitule L’espoir est un fléau !, disponible sur partage-le.com/2015/03/lespoir-derrick-jensen/

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