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Prendre le temps


LE PAYS PETIT
La chronique de Claude Semal, auteur-compositeur, comédien et écrivain

Un emploi fictif
pour tout le monde

J’ai toujours côtoyé des militant(e)s et des bénévoles.
Des scouts. Des syndicalistes. Des vendeurs de bougies et de vignettes. Des distributeurs de tracts. Des Gros-Cœur. Des Pense-aux-autres. Des Je-ne-me-résigne pas. Des insoumis, des désintéressés, des partageux, des résistants, des fraternels. La politique, le social, pour eux, ce sont des mots nobles.
C’est parfois toute leur vie.
Comment jugent-ils, aujourd’hui, ces rentiers de la politique qui se gavent à tous les cumuls ? Ces hypocrites qui imposent l’austérité à la plèbe, et gardent les quadruples salaires pour leur propre famille ?

Publifin, en Wallonie.
Trente-trois élus (du MR, du PS et du CDH) se partagent, depuis 2013, 2 millions d’euros bruts, pour avoir vaguement assisté à huit réunions de cette grosse intercommunale liégeoise.
Anne Delvaux, ex-CDH, n’y a par exemple jamais mis les pieds. Mais elle a quand même empoché, pour zéro réunion, 22 785 euros (bruts).
Fini les jetons de présence : place aux biftons d’absence !
Le PS « national » a ponctionné, au passage, 10 % de commission pour « ses » élus. Quand le scandale éclate, Elio Di Rupo ordonne donc de rétrocéder ces commissions… à la Croix-Rouge !
Ben voyons.
Quand on braque une bijouterie, s’exonère-t-on du crime en refilant le butin aux léproseries du Père Damien ?

Kazakhgate, à Bruxelles.
Armand De Decker (MR), avocat et ancien président du Sénat, touche 741 846 euros « d’honoraires » pour organiser l’impunité de trois « hommes d’affaire » kazakhs. Une loi « spéciale » est même votée en ce sens. Affaire en cours.

Paris, 8 décembre 2016.
Jérôme Cahuzac, ministre socialiste du Budget et champion de l’austérité budgétaire, est condamné à trois ans de prison ferme, pour avoir planqué 600 000 euros sur des comptes secrets en Suisse et à Singapour.

Paris, 23 janvier 2017.
Claude Guéant, ex Grand Vizir de la Sarkozie, est condamné à deux ans de prison, dont un ferme, pour avoir détourné 210 000 euros en liquide.
Sarkozy, lui-même, est toujours visé par plusieurs enquêtes sur le financement de sa campagne présidentielle de 2012 (fausses factures de Bygmalion, piste libyenne, etc).
Et voilà que François Fillon, le très sourcilleux vainqueur de la « primaire » de la droite française, est aujourd’hui accusé par le Canard Enchaîné d’avoir fourni divers emplois fictifs à sa femme Pénélope.
Et c’est cet homme qui veut supprimer 500 000 postes de fonctionnaires.
C’est lui qui veut supprimer l’ISF, l’impôt spécial sur la fortune, en offrant 14 500 euros en cadeau aux 330 000 familles les plus riches de France.
Et c’est lui qui veut parallèlement augmenter la TVA de deux points, dévalisant toutes les familles, même les plus pauvres, de 300 euros par an.
« Assistante parlementaire » de son mari, à 3 900 euros bruts, Pénélope Fillon a doublé son salaire, de 2002 à 2006, en devenant « assistante parlementaire » de son suppléant. En tout, un demi million d’euros (bruts) ont ainsi été puisés dans les caisses du Parlement français. Ah ! oui, quand même.
Si le travail est effectivement presté, ce bidouillage familial n’est pas, en soi, illégal. Un député sur cinq engage d’ailleurs sa femme (ou sa fille) comme « assistante parlementaire ».
A 7 900 euros bruts par mois, c’est déjà plus rare.
Mais surtout, dans ses interviews autant que dans les biographies de son mari, « Penny » Fillon s’est toujours présentée comme une « femme au foyer » élevant les quatre enfants du couple. Elle n’apparaît d’ailleurs dans aucun des trombinoscopes des collaborateurs de l’Assemblée.
Bref, avec Pénélope et Brassens, on passe sans transition de « … toi l’épouse modèle, le grillon du foyer... » à « … les amoureux qui se bécotent sur les fonds publics… fonds publics… fonds publics… ».
A la « primaire » du parti socialiste français, Benoît Hamon vient d’être désigné comme candidat à l’élection présidentielle en mettant sur la table un objectif ambitieux : un « revenu universel  » accordé à tous, sans obligation de travail.
Visiblement, dans la classe politique, certains ont déjà anticipé le mouvement.

www.claudesemal.com

Sources : Le Canard Enchaîné du 25 janvier et les articles de David Leloup dans Le Vif/L’Express.

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