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Prendre le temps


Grand entretien

Gilles Clément :
« La vie transforme toujours et invente sans cesse

Ingénieur horticole, paysagiste et écrivain, Gilles Clément est à la fois un citoyen terre-à-terre et un penseur en mouvement. Il réfléchit le jardin comme un monde à part entière, avec une vision à la fois politique et botanique. Rencontre avec un jardinier lumineux et révolté.

Le jardin est devenu un lieu de luttes et de réappropriation de l’espace public. De la banlieue de Détroit aux Etats- Unis ou à la Zad de Notre-Dame-des-Landes, en passant par les centaines d’initiatives citoyennes qui fleurissent çà et là (potagers urbains, réhabilitations de friches…). Comment expliquez-vous ce besoin de « jardin’action » ?
Ce mouvement n’est pas tout à fait neuf, mais il est devenu suffisamment important pour que l’on se dise que cela n’est pas anecdotique. Ce mouvement a été lancé il y a une vingtaine d’années, après le contrecoup des années 80.
Il a fallu un certain temps pour que les gens se rendent réellement compte de la monstruosité de cette époque ultralibérale, ces fameuses « années Reagan-Thatcher » durant lesquelles on a assisté, impuissants, à une fusion entre l’économie réelle et la finance qui a mis tout le monde en dépendance de ceux qui jouent avec l’argent confié aux banques.
Après coup, on a découvert les dégâts immenses de cette quête du « moins-coûtant », cette course effrayante à la prétendue « compétitivité », la délocalisation des entreprises, les pertes d’emploi…
Trop longtemps, le grand public a été ignorant de ce système. Et puis, face à cette mondialisation malheureuse, voyant qu’ils n’avaient pas le pouvoir, de plus en plus de citoyens se sont dit qu’ils devaient faire quelque chose à leur échelle, sans compter sur ceux pour qui ils avaient voté.
Aujourd’hui, la démocratie a perdu sa nature, elle n’est plus à proprement parler une démocratie, dans la mesure où l’on vote pour des gens qui n’ont plus le pouvoir. Ce sont les multinationales et les organismes financiers internationaux qui dirigent le monde.
Pour revenir aux jardins et à ces différents mouvements venus d’en bas, oui, on peut dire qu’ils prennent de plus en plus d’importance, se structurent et se multiplient. C’est ce que j’appelle « l’alternative ambiante ». C’est diffus, atomisé, non fédéré comme une puissance en soi, mais ce mouvement constitue un réel moteur de changement.

Derrière cette réappropriation de l’espace public, il y a aussi l’idée de réhabiliter la notion de « bien commun ».
Effectivement. Aujourd’hui, on assiste à une série de rapts qui se généralisent : la terre, les espaces publics, les sentiers de randonnée… On a commencé par l’eau il y a longtemps avec des prix incroyables au mètre cube, de la spéculation… Or, l’eau ne nous appartient pas, la pluie ne nous appartient pas, l’air non plus !
Notez qu’au train où l’on va, il va peut-être y avoir une privatisation de l’air respirable, car cela risque de devenir un bien rare. On n’y est pas encore, mais tout est possible quand il s’agit de maximiser les profits !
Le bien commun, ce n’est pas une vue de l’esprit. C’est ce que la nature nous offre de manière (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien de 4 pages dans notre magazine.

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