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Apprendre


Enquête

Quelle forêt
pour demain ?

A quoi ressembleront nos forêts dans 100 ans ? Impossible à dire, tant les incertitudes qui pèsent sur celles-ci sont nombreuses (réchauffement climatique, besoins en bois, attentes des citoyens…). Elles sont malmenées de toutes parts (production intensive, surabondance de gibier, compactage des sols…), trop peu résilientes et diversifiées, à la merci d’intérêts particuliers (industrie et sociétés de chasse), source de conflits entre usagers et sans stratégie d’ensemble quant à leur développement futur. Imagine vous emmène dans cette forêt wallonne du 21e siècle, au travers de cinq grandes urgences économiques, sociales et écologiques.

Bâtir une forêt durable et résiliente

Depuis la Tour de Priesse, la vue est à couper le souffle. A cinq mètres de hauteur, perché sur cette aire de vision, le massif de Saint-Hubert et ses milliers d’hectares de résineux s’offre à nous, calme et majestueux. Prairies, tourbières, plantations de bouleaux, bas-marais… Sous nos pieds, le plateau de Mochamps respire la quiétude.
« 20 chevreuils à 20 mètres du mirador ! », a écrit la veille un visiteur dans le cahier d’observation. « Un lieu tout simplement magique ! », a noté un autre promeneur.
On ne se lasse pas en effet de contempler ce site naturel remarquable, restauré dans le cadre du projet Life 2003-2007, et implanté au cœur d’un territoire emblématique de 4 100 hectares  : Saint-Michel-Freyr, plus connu sous le nom des Chasses de la Couronne.
En 1982, à l’initiative du roi Baudouin, la famille royale a décidé ici, comme dans son autre propriété de l’Hertogenwald, dans les Hautes-Fagnes, de renoncer à exercer directement son droit de chasse et de créer un conseil de gestion afin de développer, en étroite collaboration avec la Région wallonne, une « forêt pilote » et une « gestion exemplaire sur les plans cynégétique, scientifique et socio-pédagogique ».
Une approche forestière dite « intégrée » qui, grâce au travail en réseau (société de chasse, Département de la Nature et des Forêts, communes, associations environnementales, universités, secteur touristique…), a permis de revitaliser en partie ce magnifique domaine public.
« Comme beaucoup de massifs forestiers wallons et européens, le plateau de Saint-Hubert était et reste confronté à de nombreux problèmes, explique Gérard Jadoul, de l’ASBL Solon : une prédominance des arbres résineux, et plus particulièrement de l’épicéa (deux tiers du territoire), une régénération et une diversification des essences forestières insuffisantes, une forte pression du grand gibier, en particulier du sanglier, des sols fragiles et compactés à divers endroits et une biodiversité en régression ».
Grâce à différents programmes d’envergure (Life-Tourbières, Natura 2000, Life-Elia…), de grands chantiers ont donc été menés de part et d’autre du Plateau : abattages ciblés de résineux, reboisement de bouleaux, de saules et de chênes, création de zones humides, protection d’habitats naturels, ouverture de « corridors verts », construction de sites d’affût, etc.
« Avec une confrontation parfois très vive entre les parties (chasseurs, exploitants forestiers, naturalistes…), des intérêts particuliers et quelquefois divergents, mais une volonté d’aller ensemble vers une gestion harmonieuse et équilibrée du massif », se félicite l’actuel coordinateur du projet Life-Elia.

« Une exploitation anarchique »
« Ce qui s’est construit là-bas autour des Chasses de la Couronne constitue un modèle d’inspiration pour bâtir la forêt de demain, souligne pour sa part Marc Bussers, directeur de l’ASBL Forêt wallonne : un patrimoine forestier de grande valeur resté entre les mains des pouvoirs publics, une gestion durable et réfléchie, une implication et une participation de tous les acteurs concernés. »
Toutefois, ce petit laboratoire ardennais est loin d’être la norme en Belgique, où 22 % du territoire national sont aujourd’hui couverts par des forêts – soit 700 000 hectares, dont 78 % implantés en Wallonie, 21 % en Flandre et 1 % à Bruxelles.
Abattages massifs de parcelles pour récupérer des terrains cultivables ou produire du combustible, destructions de tourbières, privatisations de milliers d’hectares de forêts domaniales, défrichements intempestifs, reboisement à grande échelle de résineux, surexploitation de bois d’œuvre… : ces cinq derniers siècles, la forêt wallonne (33 % du territoire de la Région, dont plus de la moitié – 52 % – privée) a fait l’objet d’une (...)

=> Lire l’intégralité de cette enquête de 14 pages dans notre magazine.

Photo : Sonia Chapelle

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