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Agir


Dossier

Des chercheurs
en résistance

A l’heure où le président des Etats-Unis ignore le changement climatique, où les populismes et les nationalismes gagnent du terrain et où les entreprises pratiquent un lobby intensif en manipulant les études de risques, la défense d’une recherche scientifique forte et indépendante est devenue un enjeu majeur de société. Dégradation des conditions de travail, manque de diversité dans les recherches, compétition à tous les étages… Les chercheurs tirent la sonnette d’alarme.


École polytechnique Université Paris-Saclay - J.Barande

Dans le milieu de la recherche, les bourses du European Research Council (ERC) accordées à des équipes porteuses de projets innovants figurent parmi les plus prestigieuses d’Europe. Les budgets alloués sont très importants. Et les institutions qui les obtiennent le font savoir haut et fort. « Après tout, pourquoi pas, réagit Olivier Gosselain, membre de L’Atelier des chercheurs, de l’Université libre de Bruxelles. Mais c’est devenu tellement important aux yeux des autorités universitaires qu’elles ne cessent de pousser leurs collaborateurs à demander cette bourse. Aussi, toute personne engagée dans le cadre d’une chaire d’enseignement ici doit déposer un dossier ERC endéans les cinq ans. Or, le temps à consacrer à un projet pareil est énorme ! Une chaire, c’est normalement un poste d’enseignement. Désormais, son profil est celui d’un chercheur. Et il devra du reste cesser de donner cours s’il obtient la bourse. »
Cette course aux bourses de renom est terriblement énergivore, non seulement pour ceux qui rédigent les projets, mais aussi pour ceux, de plus en plus nombreux, qui doivent les analyser et les sélectionner…
« C’est une machine qui tourne folle, déplore aujourd’hui Olivier Gosselain. Un temps énorme lui est consacré, alors que le nombre de projets choisis, lui, n’augmente pas. »
La recherche publique en ressort-elle gagnante ? Pas sûr. Mais pour mieux comprendre cette évolution, il faut remonter un peu dans l’histoire. En 1998, avec la mise en place du processus de Bologne, ce système initié par l’Union européenne visant à harmoniser les diplômes de l’enseignement supérieur et à faciliter la mobilité des étudiants et des futurs travailleurs. « Tout a basculé à cette période-là, constate-t-on au sein de L’Atelier des chercheurs. Cela a été les débuts d’une mise en concurrence des universités. Nous ne nous sommes pas rendu compte tout de suite des conséquences, cela paraissait inoffensif. En réalité, ce fut l’ouverture d’une compétition de tous contre tous. » Avec, notamment, le recours intensif aux classements, au ranking et autres indicateurs chiffrés.
Après Bologne, il faut désormais attirer les étudiants sur son campus, un maximum d’étudiants – d’autant plus qu’en Belgique les enveloppes budgétaires sont distribuées aux institutions en fonction de leur nombre – avec « une espèce d’attrape-nigaud », comme le dénonce Grégoire Wallenborn, chercheur au centre d’études du développement durable (ULB) et délégué syndical CGSP. « On essaye d’attirer les étudiants en leur parlant de recherche et de moins en moins de qualité de l’enseignement ! »
Le classement de Shanghai est le plus scruté. Pour y évaluer les performances des universités, on compte les prix Nobel et les médailles Fields (travaux de mathématiques) parmi les anciens étudiants et le personnel, mais aussi le nombre de chercheurs les plus cités, les articles publiés dans les revues Nature et Science, les citations d’articles scientifiques et on mesure la taille de l’institution.
Le nombre de doctorants faisant partie des critères d’évaluations, les universités poussent leur personnel à (...)

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