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Agir


Portfolio

Monsanto,
une enquête photographique


David Baker (65 ans) devant la tombe de son frère Terry. Terry Baker est mort à l’âge de 16 ans des suites d’une tumeur au cerveau et d’un cancer du poumon causés par l’exposition aux PCB. Le taux moyen de présence des PCB à Anniston est 27 fois supérieur à la moyenne nationale.

« Ma première motivation, c’est l’indignation. J’ai grandi dans une famille où il s’agit d’une valeur importante, et j’essaie depuis toujours d’amener ma photographie dans cette direction. Quand je ne suis pas d’accord, je le dis », nous explique Mathieu Asselin.
C’est son père, activiste écologiste, qui lui parle de Monsanto Company, la multinationale américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles. Rapidement, il y voit un sujet photographique à explorer.
« Ma deuxième motivation était d’ordre artistique : c’était un vrai plaisir d’entreprendre un projet pareil, afin de raconter une histoire. J’ai voulu traiter les photographies comme des preuves. »
Le photographe se plonge alors dans différents travaux de journalistes (ceux de Marie- Monique Robin, notamment), et décide de se centrer sur les moments très importants pour Monsanto, ceux qui ont construit son histoire, qui définissent une époque, un de ses produits. Il sillonne ainsi Anniston, en Alabama, transformée en cité fantôme par le PCB ; Nitro, en Virginie Occidentale, où c’est de la dioxine qui intoxiquera les ouvriers et la population avoisinante ; ou encore Sauget dans l’Illinois, ville qui compte aujourd’hui certains des sites les plus pollués des Etats-Unis.
Il réalise aussi les portraits de filles de vétérans du Vietnam et de jeunes Vietnamiens, malades, handicapés, tous touchés par l’usage américain de l’agent orange pendant la guerre. Et puis ceux d’agriculteurs, poursuivis par la multinationale devenue productrice d’OGM, accusés de « voler » ou « réutiliser  » ses semences – alors que leurs champs ont en réalité bien souvent été contaminés par les graines des voisins. « J’ai voulu retracer l’histoire de ce que Monsanto a laissé derrière elle, les gens, les paysages contaminés. Et ce ne sont pas des accusations vagues, ces cas ont tous été prouvés. Il n’était pas facile d’avoir des photos fortes, car bien souvent les dommages sont invisibles. J’ai ainsi intégré des documents, des images d’archives, des publicités, pour constituer plusieurs couches. »
Comme le montre l’ouvrage de Mathieu Asselin, l’entreprise étatsunienne ment depuis toujours, pollue sans vergogne, réglant ensuite les éventuels conflits à coup de centaines de milliers de dollars. Tout en diffusant de ses produits une image inoffensive et benoîte. « Je me suis concentré sur les Etats-Unis, parce que c’est là que se sont vécus les moments clés de son histoire. Mais Monsanto est présente partout dans le monde, et si elle ose faire cela dans son propre pays, un pays avec une vraie réglementation, on imagine d’ici comment elle se comporte ailleurs… » L.d.H.

=> Voir l’intégralité de ce portfolio dans notre magazine. Photos : Mathieu Asselin

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