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Agir


Ciclovía ou
la fièvre du vélo
à Bogotá

Dans la capitale colombienne, la journée sans voitures, c’est tous les dimanches et jours fériés. L’opération Ciclovía met en selle entre un et deux millions d’habitants. Et transcende les antagonismes d’une ville modelée par la ségrégation sociale. Reportage.


Maximiliano Blanco

Chaque dimanche, c’est une liturgie renouvelée. Quand sonne le coup de sept heures, alors que, dans la froide Bogotá, les vapeurs diaphanes de l’aube se dissipent à peine, une procession chamarrée se met en branle. Mus par on ne sait quel magnétisme, des milliers et des milliers de cyclistes envahissent les rues de la capitale colombienne, petits maillons d’un gigantesque carnaval sur deux roues.
Le peuple de Bogotá aime le vélo, d’un amour total, enfantin, irréfléchi. Par chance, il habite le chef-lieu d’un pays un peu fou, où les édiles ont osé ce qui partout ailleurs aurait paru impensable  : bannir les voitures des principales artères de la ville, non pas un jour par an, mais tous les dimanches et jours fériés.
Cette audace porte un nom, la Ciclovía. Avec le temps, elle est devenue une institution presque aussi vénérable que la figure héroïque de Simón Bolívar, dont la statue domine la place homonyme dans le quartier historique et néanmoins délabré de la Candelaria.
Debout sur son socle de pierre, le libertador semble méditer sur l’état d’un pays ravagé par un demi-siècle de crimes impunis, de paysans massacrés, de barons de la drogue érigés en icônes, d’inégalités toujours criantes. Mais des accords de paix ont été signés, l’été dernier, avec la guérilla des Farc. L’économie est l’une des plus florissantes d’Amérique latine. Se pourrait-il que l’espoir, désormais, soit une attitude raisonnable ?
Les innombrables cyclistes qui traversent la place Bolívar, ce dimanche matin, en un flot lancinant, ne se posent pas la question. Bien davantage qu’un rendez-vous hebdomadaire, la Ciclovía est une communauté d’esprit, qui parvient à rassembler des Colombiens si différents… Des grappes de gamins turbulents, venus des quartiers chauds, sur des bécanes de fortune. Des chauffeurs de taxi, qui profitent de leur unique jour de repos, le visage encore harassé par des horaires délirants. Des musiciens branchés, classieux sur leurs fixies minimalistes, sans freins ni dérailleurs. Des filles au sourire enjôleur, reines de beauté dans leurs rêves et sur Instagram, apprêtées comme pour un vendredi soir. Des passionnés en vélo de course, moulés dans le maillot de l’équipe Movistar, celle de la star nationale Nairo Quintana, qui s’alignera en juillet sur le Tour de France, avec l’ambition d’en devenir le premier vainqueur colombien.
Tous sont unis dans un même geste – pédaler. Sous le regard de policiers et de stewards bénévoles, déployés par centaines pour assurer la sécurité de la foule. En mai 2017, selon les statistiques officielles, les six journées de Ciclovía ont attiré chacune, en moyenne, 1 655 000 participants. Certes, les chiffres englobent aussi les piétons, et pas seulement les cyclistes. L’affluence reste toutefois colossale, dans une ville qui (...)

=> Lire l’intégralité de ce reportage dans notre magazine.

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