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Prendre le temps


Grand entretien

Les Pinçon-Charlot :
« Nous sommes 99 %,
et ils sont 1 %. L’insurrection
est facile »

D.R.

La sociologue Monique Pinçon-Charlot invite les citoyens à prendre conscience de leur assujettissement au système capitaliste. Seul cet éveil, avertit-elle, permettra d’éviter le suicide collectif de l’humanité. Partisane assumée d’une « sociologie désenchantée », elle conçoit pourtant son propos comme une ode à la joie de vivre.

Les Pinçon-Charlot sont de retour, avec un essai d’une virulence roborative, Les prédateurs au pouvoir. Toujours alerte, le couple de sociologues, Monique et Michel, entend cette fois désosser l’appétit sans limite des puissants de ce monde. « Après Berlusconi en Italie, Piñera au Chili, voici l’entrée fracassante de Trump à la tête des Etats-Unis. La France n’est pas en reste avec des banquiers de chez Rothschild au cœur de l’Elysée et de Bercy », écrivent-ils dès leurs premières pages. A les suivre, l’argent-roi aurait définitivement balayé les antagonismes du vieux monde. « Plus de gauche ni de droite, tous réunis autour du veau d’or. »
Spécialistes des grandes fortunes, Monique et Michel Pinçon- Charlot ont bâti leur notoriété dans les années 1980 et 1990, par le biais de travaux originaux sur les Rothschild, la chasse à courre, les châtelains, les beaux quartiers de Paris, les dynasties de grands patrons… Leur phrasé rétro, leur allure de duo comique, leur nom croquignolet qu’on croirait emprunté à un volume d’Arsène Lupin, forcément, tout cela contraste avec l’intransigeance de leur propos – une intransigeance qui ne cesse chez eux de s’accentuer avec le temps.
A y réfléchir, s’il est une référence littéraire qui s’impose à leur sujet, ce sont bien les Rougon-Macquart, personnages récurrents de la vaste chronique familiale d’Emile Zola, déclinée en vingt romans. Alors que l’écrivain s’était attelé à « une histoire naturelle et sociale sous le Second Empire », les deux sociologues ont repris le flambeau, auscultant un autre empire, une autre époque, celle de Goldman Sachs, de Google et de L’Oréal. Qu’importe, les titres de Zola conservent toute leur actualité. L’argent, La fortune des Rougon, Le rêve, La joie de vivre, La débâcle. L’assommoir. Une page d’amour. La terre… Ils constituent autant de séquences d’une interview avec la seule Monique Pinçon-Charlot, dont les réponses sont autant de « J’accuse ». A cette différence près : ses réquisitoires commencent tous par « nous », abonnée qu’elle est au militantisme en duo.

Vous avez 71 ans, votre mari en a 75. Où puisez-vous l’énergie de vous battre ?
Vous avez raison, on a passé l’âge de la retraite depuis longtemps… Mais on a encore de l’appétit, quelque chose en nous qui nous pousse à aller de l’avant. Nous avons longtemps pu bénéficier, mon mari et moi, d’un poste au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). A cette époque, nous étions payés par le contribuable, donc nous avions pour injonction d’effectuer des trouvailles. Un chercheur, c’est fait pour trouver. Et comme à ce moment-là, les autres sociologues travaillaient tous sur les dominés, les défavorisés, on s’est dit : nous, on va travailler sur les plus riches. Et on continue !

De nombreux sociologues conçoivent comme un geste politique leur volonté de mettre la focale sur la vie des plus faibles, des invisibles, ces êtres humains qu’on ne rencontre jamais dans les soirées branchées, et qui n’ont pas les honneurs des journaux télévisés. Mais cette démarche entraîne peut-être un manque de connaissances quant au sommet de la pyramide sociale. C’est ce déséquilibre-là que vous avez voulu corriger ?
Les sociologues qui travaillent sur ces enjeux croient qu’ils font un geste politique. Mais nous, on a déconstruit tout ça. Cela tient à la façon dont la sociologie s’est construite en tant que discipline, surtout après la Libération. Dans l’esprit de plusieurs sociologues, il s’agissait alors de (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien de 4 pages dans notre magazine.

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