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Prendre le temps


De Caterpillar
au musée d’art

En réponse à la violence humaine et politique que sont les fermetures d’usines, les travailleurs n’ont souvent pour seul exutoire que la destruction de leur outil de travail. Chez Caterpillar, à Gosselies, quelques ouvriers ont décidé de transformer leur colère en beauté et de créer, en partenariat avec des artistes plasticiens, une œuvre pour témoigner de leur savoir-faire. En octobre prochain, celle-ci entrera par la grande porte au musée, le PBS22.


BPS22

2 septembre 2016, 8 heures 45. « Un Américain est arrivé et il a dit : “Je ferme l’usine Caterpillar de Gosselies”. En trois minutes c’était fait. » C’était il y a une dizaine de mois, et c’est comme si c’était hier. Pour Jean- Pierre Henin, Pascal Mertens, Sergio Bruno, les trois mousquetaires du GIR, le groupe d’intervention rapide, et Alain Durieux et Manu di Mattia, de la Tool Room (usinage de pièces), le choc est toujours là, aussi présent. « On n’y comprenait rien... Un jour avant l’annonce on nous demandait encore de venir travailler plus tôt pour être dans les temps, se souvient Sergio. Pour nous, tout était dans le vert. »
Le bouleversement est gigantesque. Caterpillar à Gosselies (Charleroi), c’est plus de 50 ans de présence, et c’est l’une de ces usines où les travailleurs s’identifient énormément à l’entreprise. Quand Jean-Pierre dit « J’ai 34 ans », ce n’est pas de son âge qu’il parle, mais bien de son temps à Caterpillar. « On a tout fait dans cette usine », poursuit-il. « On a abandonné notre famille pour elle, ajoute Sergio, c’est comme si c’était notre bébé qu’on nous enlevait. » Les heures supplémentaires sans rechigner, le travail de nuit, les retours en urgence le dimanche ou les jours fériés. « J’aurai donné tout ça pour quoi ?, s’interroge Pascal. T’as donné tout ton temps et puis à la fin t’es comme les autres… »
Cette amertume, les cinq ouvriers n’ont pas voulu s’y perdre. Et alors qu’après l’annonce l’usine est bloquée pendant 15 jours et qu’ils se retrouvent voués à eux-mêmes, « on s’est dit qu’il fallait que quelque chose de nous reste, qu’on se souvienne de ces 50 années d’activité de Caterpillar ici. »

Laisser une trace
« Sur la route de Châtelet, poursuit Pascal, il y avait toute une série d’usines. Des milliers d’ouvriers ont travaillé là. Et aujourd’hui, il n’en reste rien, pas même une plaque en souvenir. Il y a bien des musées pour les mines, mais pour les usines comme la nôtre, il n’y a rien. » Elles sont rayées de la carte, purement et simplement.
Comment laisser une trace ? Une première idée a germé : installer dans le rond-point devant l’usine une œuvre, une sculpture, qui rappellerait la (...)

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