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Nucléaire

Bure à cuire

Entre la Meuse et la Haute-Marne, l’Etat français et les géants de l’énergie ont nucléarisé toute la région. Avec, au cœur de ce dispositif : un projet de centre d’enfouissement des déchets hautement radioactifs sur lequel le gouvernement devra se prononcer d’ici peu. Reportage à Bure où, depuis vingt ans, opposants à cette « mono-industrie prédatrice » et redoutables nucléocrates se livrent une bataille sans merci.

De là-haut, rien n’échappe au rapace. Le ciel ondoyant et déchiré par les pluies diluviennes qui se sont abattues les jours précédents sur le nord-est de la France.
La Saulx voisine brutalement sortie de son lit. La succession de villages déserts et silencieux. Les maisonnettes aux volets clos et les nombreux écriteaux « A vendre ». Un morceau de territoire lorrain enclavé où, à une centaine de kilomètres de là, en 1916, la plus sanglante de toutes les batailles, Verdun, a fait 700 000 victimes. Et puis, ces milliers d’hectares de labours et de bosquets exposés à tous vents, caillouteux et gorgés d’eau, qui jouxtent la départementale 123 que cette buse variable survole majestueusement, traversant une frontière imaginaire entre la Meuse et la Haute-Marne, deux départements désormais unis pour le meilleur et pour le pire face à un même déclin annoncé.
« Pas de cimetière nucléaire chez nous ! », « Andra = mafia », « Non à Cigéoland ! » Aucun doute n’est permis, c’est la bonne route. Celle qui mène à Bure, au laboratoire souterrain de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Au cœur du projet Cigéo, un chantier faramineux commencé en 1998 et visant à implanter, dans ce hameau de quatre-vingt deux habitants, un centre industriel de stockage géologique destiné à accueillir, en 2030, tous les déchets hautement radioactifs et à durée de vie longue produits par la filière nucléaire française qui compte aujourd’hui 18 centrales et 59 réacteurs.
Un projet colossal : 83 500 m3 de « cendres » du combustible nucléaire conditionnées dans
260 000 « colis » enfouis à cinq cents mètres de profondeur, dans une couche de roche argileuse vieille de cent soixante millions d’années, dont le coût total est estimé entre 15 et
70 milliards d’euros, selon différentes prévisions.
Au final, 99,9 % de toute la radioactivité du pays serait ainsi concentrée dans une galerie souterraine longue de trois cents kilomètres installée sous les pieds des habitants de Bure, Bonnet, Mandres, Saudron et Ribeaucourt, cinq localités immédiatement touchées par les « seigneurs de l’atome », comme on les baptise ici. Lesquels « seigneurs » ont peu à peu colonisé l’ensemble du (...)

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