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Sciences

L’intuition,
pour penser
les catastrophes

L’intuition est un mode cognitif majeur de l’espèce humaine. Elle est aussi indispensable pour aborder le monde qui vient… Mais est-elle compatible avec une approche scientifique ?


cc Oiluj Samall Zeid

Dans les années 1970, la question écologique (ou environnementale) est venue fissurer le socle granitique des Trente Glorieuses. Elle a apporté une conscience de l’interdépendance et de la fragilité des systèmes dont nous dépendons, et avec cela la possibilité de pénuries à venir. Elle posait l’insupportable question des limites à un monde qui se croyait illimité. Une révolution conceptuelle majeure… que nous n’avons toujours pas fini de digérer, cinquante ans plus tard.
A l’époque apparaissait un sentiment d’urgence chez certains scientifiques, et quelques disciplines se sont alors employées à penser spécifiquement les désastres écologiques. Il fallait comprendre le plus vite possible pour donner à la société des outils et des raisons d’agir. Le biologiste de la conservation Michael Soulé les a appelés les « disciplines de crise », regroupées sous l’étiquette de « science de la survie » (survival science) : l’écologie, la biologie de la conservation, la climatologie comme la géologie, l’océanographie, la physique, la météorologie, etc. [1] Des disciplines synthétiques, systémiques, complexes et multidisciplinaires dans lesquelles la frontière entre recherches « fondamentale » et « appliquée » restait floue ou inexistante.
Dès 1985, voyant que les catastrophes n’avaient pas le même rythme (rapide) que les progrès scientifiques (lents), Soulé souleva alors une question épistémologique [2] fondamentale : désormais, disait-il, « il faut agir avant de connaître tous les faits ; les disciplines de crise sont donc un mélange de science et d’art, et leur poursuite exige l’intuition ainsi que l’information ».
L’intuition ? En effet. Pour aller plus vite. Agir sans trop réfléchir, sans chercher à tout savoir, spontanément, avec nos tripes. A défaut, nous serions condamnés à assister au déroulement de l’anthropocène, passifs, depuis les fenêtres des paisibles laboratoires... L’intuition est toutefois assez (...)

=> Lire l’intégralité de cette chronique dans notre magazine.

[1M. Egan, « Survival Science : Crisis Disciplines and the Shock of the Environment in the 1970s », Centaurus, in Press, 2018.

[2L’épistémologie est l’étude des connaissances, de notre rapport au savoir, de la structure et de la méthode scientifique.

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