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Prendre le temps


Rencontre

Laurent Demoulin :
Nuances de l’amour

Dans son premier roman, Robinson, l’écrivain liégeois Laurent Demoulin raconte la relation unique entre un père professeur d’université et son enfant autiste. Un concentré d’humanité.


Francesca Mantovani

Le premier roman de Laurent Demoulin est une épopée, une épopée contemporaine qui a pour protagonistes un père et son fils, un professeur de littérature à l’université et un enfant autiste qui ne parle pas. Dans cette suite d’aventures riches en rires et en cris, ponctuées de grandes joies et de petites catastrophes, l’imprévu est permanent, comme dans l’Odyssée d’Homère et la Chanson de Roland. Ainsi reconnait-on les vraies épopées. Et celle-ci met en scène, comme il se doit, des héros merveilleux, des personnages aux aptitudes peu communes : un intellectuel quasi mondain qui se transforme en maman-poule, un gamin de dix ans qui n’aime que les jouets de nouveau-né et pousse des hurlements de tyrannosaure. Le cœur battant du récit réside dans cet effet de surprise mille fois renouvelé : par-delà les innombrables aléas, le père et l’enfant poursuivent leur route, leur vie, leur odyssée. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’auteur, fin lettré, cite Achille et Pâris – les chefs rivaux de la guerre de Troie – au détour d’une page. Ou si, plus loin, il puise dans l’Iliade la juste métaphore pour décrire le foudroiement qu’envoient les yeux de son fils : « Son regard brille d’un feu impérial. Agamemnon remettant Achille à sa place de subalterne. »

Dans le roman de Laurent Demoulin, l’autisme n’est pas une infirmité, c’est une autre dimension – à la manière des héros de l’Antiquité, un pied dans l’histoire humaine, l’autre dans la mythologie divine. L’épouse du narrateur s’appelle d’ailleurs Hélène, en référence (on l’imagine) à la si belle Hélène, dont l’enlèvement par Pâris déclenchera la guerre de Troie, et la cascade de rebondissements qui ont donné à la littérature ses premiers mots.

On n’est pas obligé de s’arrêter à ces références pour apprécier le récit de Laurent Demoulin. Mais force est de reconnaître que l’auteur ne les a pas distillées par distraction. A commencer par ce Robinson qui donne son titre au roman. Que l’enfant autiste ait reçu pour prénom celui d’un des plus grands héros de la littérature (imaginé au début du 18e siècle par l’écrivain anglais Daniel Defoe), voilà qui le pare d’une double singularité : naufragé en ce monde, mais rayonnant par-delà les frontières. « Le prénom Robinson est métaphorique et renvoie à l’île déserte : c’est une métaphore différente de celle de la bulle autistique, justifie Laurent Demoulin. Je n’aime pas cette image de la bulle. Elle est trop sévère, trop étouffante pour la personne concernée. L’isolement de l’autiste est réel, mais pas (...)

=> Lire l’intégralité de cette rencontre dans notre magazine.

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