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Politique

Le populisme
n’est plus ce qu’il était

C’est un couple belgo-argentin qui a façonné l’une des théories politiques les plus influentes du moment : le populisme de gauche. Les philosophes Chantal Mouffe et Ernesto Laclau ont incité Jean-Luc Mélenchon en France, le parti Podemos en Espagne, mais aussi les mouvements contestataires turcs, à revoir leurs discours. Ce qu’ils proposent ? Jouer la carte des passions et des affects, afin de dresser le peuple contre les élites. Une méthode directement inspirée des expériences latino-américaines.


cc Lluis Rabell

Pablo, on l’imaginerait instituteur, barman, garagiste, assistant social ou informaticien. Irene, on la verrait bien libraire, vendeuse chez Zara, infirmière ou employée de banque. Leur immixtion dans un monde politique espagnol où règnent encore le solennel, le sévère et le rutilant a secoué les habitudes. Le plus souvent vêtu d’une simple chemise aux manches retroussées, les cheveux rassemblés en une queue de cheval, inconditionnel de la série Game of thrones, Pablo Iglesias affiche à trente-neuf ans la démarche souple et l’apparence décontractée de n’importe quel jeune adulte à l’ère d’Instagram. C’est lui qui a propulsé Podemos au rang de troisième force politique d’Espagne. Sa compagne, Irene Montero, trente ans depuis le mois de février, a été élue députée en 2016. Psychologue de formation, cette jeune femme d’un naturel désarmant a fait ses classes militantes au sein de la plateforme qui regroupe les victimes de la crise immobilière de 2007.

Pablo et Irene, donc, le couple simple et sympa qui a vivifié la gauche espagnole. Cela, c’était avant le mois de mai, avant que ne soit révélé l’achat par les deux dirigeants de Podemos d’une villa avec piscine dans la banlieue chic de Madrid, d’une valeur de 600 000 euros, dont 540 000 empruntés sur trente ans. Pablo et Irene se sont défendus en affirmant avoir agi pour le bien de leurs futurs enfants, « pour qu’ils grandissent dans plus d’intimité ». Au même moment, sur les ordinateurs et les téléphones des Espagnols, une vidéo a beaucoup tourné. On y voit Pablo Iglesias, dans une interview télévisée datant de 2015, fustiger « ces politiques qui s’isolent, vivent dans des banlieues riches, et ignorent ce que c’est de prendre les transports publics ».

En d’autres temps, d’autres lieux, d’autres partis, l’orage se serait vite éloigné. Pas ici. Si les instances de Podemos ont finalement renouvelé leur confiance au couple Iglesias- Montero, leur crédibilité en ressort ébranlée, y compris aux yeux de nombreux militants. Le parti a en effet bâti son succès sur une dénonciation virulente des élites qui ont précipité le pays dans le marasme et fait perdre leur logement à des milliers d’Espagnols. Pablo Iglesias a su trouver les mots pour traduire l’indignation populaire. Sa vindicte englobe, pêle-mêle, les patrons des grandes entreprises, les promoteurs immobiliers, la famille royale et ses supplétifs, les représentants de l’éternel bipartisme PP-PSOE, les visages les plus connus de la télévision, tous confondus sous un même anathème : « la caste ». Pour contrecarrer les contre-arguments de ses adversaires, il oppose le plus souvent cette réplique : « Nous représentons le peuple, vous défendez la caste ! » Une expression ramassée et un style énergique qui ont porté leurs fruits sur le plan électoral. Podemos compte quarante-sept députés au Congrès, ainsi que les maires de Madrid, Barcelone, Valence et Saragosse, soit quatre des cinq plus grandes villes espagnoles. L’apothéose est spectaculaire, alors que la gauche reflue presque partout ailleurs en Europe. L’affaire de la villa avec piscine rejoue toutefois la scène cruelle de l’arroseur arrosé. Comment encore dénoncer la caste quand on épouse en partie son mode de vie ? (...)

=> Lire l’intégralité de cet article de six pages dans notre magazine.

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