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Rencontre avec un romancier

Jean-Bernard Pouy,
« Ma zone à défendre,
c’est le monde »

Jean-Bernard Pouy, le pape du roman noir français, situe l’action de son dernier livre dans la mouvance zadiste. Un récit inspiré par les luttes de Notre-Dame-des-Landes, Sivens et Bure. « Le pouvoir l’oublie toujours : plus on tape sur les gens, plus ils ont envie de se révolter », rappelle ce libertaire invétéré.


cc Squat Le Monde

Un monument du polar français droppé en Brabant wallon. Un anarchiste impénitent reçu parmi les notables d’une université catholique six fois centenaire. Il fallait se frotter les yeux, le 15 mai à Louvain-la- Neuve, pour s’assurer que l’on voyait bien ce que l’on voyait. Afin de pimenter l’hommage à son protecteur Marc Lits, admis à l’éméritat, les autorités de l’UCL s’étaient offert un invité de marque, l’écrivain Jean- Bernard Pouy. Défenseur résolu de la littérature populaire doublé d’un philologue aguerri, auteur notamment d’un Que sais-je ? sur le roman policier. Sur le papier, le scénario faisait sens. En pratique, le spectacle valait le détour, tant le camarade Pouy détonnait dans cet entre-soi académique. La tignasse broussailleuse (ni dieu ni maître, ni coiffeur !), ce pilier de la série noire a d’emblée mis les points sur les i. « Moi, je ne suis pas écrivain. Je sursaute chaque fois qu’on m’appelle écrivain. Dites plutôt auteur, ou à la limite romancier. En France, l’écrivain a une stature particulière, parce qu’il est associé à la douleur. L’écrivain français souffre, maigrit, divorce, et se suicide bien souvent. Quand on lui demande ce qu’il écoute, huit fois sur dix, il répond Mozart. »

On pourrait n’y voir qu’un gouailleur un peu lourdaud, qu’un ouvrier de la plume un peu daté (plus de cinquante romans au palmarès, tout de même, dont deux tomes du Poulpe, la collection qu’il a fondée). Ce serait oublier le style Pouy, cette virtuosité dans le maniement de la langue française qui le distingue des autres auteurs de romans noirs. Ce serait oublier, aussi, l’intensité de son regard sur le monde, toujours aussi pénétrant à septante-deux ans. Dès lors, c’est comme ça : quand Jean-Bernard Pouy parle, l’assistance écoute. Sans forcer, l’auteur impose sa chaleur humaine, ses raisonnements hors cadre et ses facéties. « Mon premier roman s’appelait Spinoza encule Hegel. Trente-cinq ans après sa parution, je reçois encore des mails de doctorants en philosophie, qui font leur thèse sur Spinoza ou Hegel, et qui me demandent si mon livre pourrait leur être utile. Je réponds toujours : ah oui, indispensable ! »

Son dernier roman, Ma zad, retrace la radicalisation de Camille Destroit, responsable des achats pour l’hypermarché de Cassel, dans les Flandres françaises. Malmené par une vie contrariante, Camille finit par (...)

=> Lire l’intégralité de cette rencontre dans notre magazine.

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