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Marie-Hélène Lafon,
au plus près des saisons

Fille de paysans, l’écrivaine Marie-Hélène Lafon a grandi dans une ferme isolée du Cantal. Ses romans racontent le monde agricole menacé par la mondialisation, les rythmes propres à la nature et l’écoulement des saisons. Entre les lignes, ils font l’éloge de la lenteur et rappelle la valeur du silence.

C’est une petite rue sans histoire. On y trouve une église, un bureau de poste, un marchand de fruits et légumes, la pizzeria di Faousto, la boucherie de l’Avenir et un atelier de retouche, Miss Pénélope. Les habitants du quartier font leurs courses au numéro 93, où est installé le supermarché Franprix, avec son paravent rouge et ses rayonnages qui sentent le frais et le propre. Une rue sans histoire ? C’est ce coin de Paris que Marie-Hélène Lafon a choisi pour cadre de son dernier roman. Elle y a dressé un théâtre amoureux fait de petits riens, de regards à la sauvette et de mots à demi prononcés. Ses acteurs ont pour noms Gordana, caissière au Franprix, venue d’Europe de l’Est (on ignore de quel pays), Horacio Fortunato, immigré portugais, la tête farcie de rêves impossibles, et Jeanne Santoire, retraitée depuis peu, qui vit seule, sans en être malheureuse, repensant parfois à Karim, le fiancé perdu. Le roman s’intitule Nos Vies et il ne pourrait porter titre plus juste.

On rencontre Marie-Hélène Lafon à deux cents mètres de la rue du Rendez-Vous, dans un bar qui donne sur l’avenue de Saint-Mandé. Elle habite le quartier. De la fenêtre, on aperçoit le square Courteline, cité dans Nos Vies. Impression troublante que de se retrouver sur les lieux mêmes du roman, de se glisser dans son décor – le 12e arrondissement, un quartier assez mixte, sorte d’enclave provinciale dans Paris intra-muros. Les premiers mots s’échangent. D’emblée, Marie-Hélène Lafon se révèle à l’oral telle qu’on la connaît à l’écrit : vigoureuse, précise, présente. Elle parle avec poigne, fixe son interlocuteur du regard, le tient, ne le laisse pas mollir. Elle s’avance pardessus la petite table ronde émaillée pour se rapprocher encore, les épaules en promontoire, en contention. Elle va au contact, comme au rugby. Pas une phrase ne s’éparpille en bavardage.

Parce qu’elle raconte magnifiquement le carrousel des saisons, les cimes arrondies et les reliefs émaciés du Massif central, le quotidien des petits exploitants agricoles, Marie-Hélène Lafon a été assignée au rayon « écrivaine de la ruralité ». C’est oublier qu’avant Nos Vies, elle avait déjà arpenté le bitume, auteure d’un roman ancré porte de Bagnolet, à Paris, et d’un autre tendu entre la banlieue d’Avignon et Marseille (Mo). Pour autant, la plupart des histoires qu’elle raconte, c’est vrai, se situent loin des villes. Pour une raison simple : elle a commencé à écrire (sur le tard, à trente-quatre ans) du lieu et du milieu qu’elle connaissait – le Cantal, où elle a grandi dans une ferme isolée qui était comme une île parmi les volcans éteints. « Même si je vis à Paris depuis trente-huit ans, retrace-t-elle, alors que je n’ai vécu que dix-huit ans dans le Cantal, j’ai gardé un lien fort avec le pays premier. J’y ai une maison, j’y passe dix semaines par an, j’y travaille beaucoup. Je n’y passe pas les hivers, cela dit, et je considère que ceux qui sont vraiment du pays sont ceux qui (...)

=> Lire l’intégralité de cette rencontre dans notre magazine.

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