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Travail

Jobs à la con

Vous avez l’impression que votre emploi ne sert à rien, ou pire, qu’il est néfaste pour la communauté ? Vous n’êtes pas seul ! Selon David Graeber, nous sommes confrontés à une prolifération sans précédent de « jobs à la con ». Un concept lancé en 2013, mais que l’anthropologue américain développe en profondeur dans un essai féroce et revigorant où il revisite totalement la valeur travail.

Il est des lectures qui vous remuent les tripes et les méninges. Celle de Bullshit Jobs (jobs à la con) de David Graeber en fait partie. L’anthropologue américain n’en est pas à son coup d’essai : en 2011, déjà, il lançait un fameux pavé dans la mare d’une crise financière globale – le style de pavé avec lesquels on fait les révolutions.

En 624 pages érudites et provocantes, Dette. 5 000 ans d’histoire anéantissait l’idée généralement admise selon laquelle les dettes doivent être toujours honorées. Depuis l’Antiquité, démontrait-il, les annulations collectives de dette ont permis d’alléger des fardeaux devenus insoutenables. Plus fondamentalement, il montrait que la dette n’a pas toujours été vécue dans la culpabilité [1]. Au contraire, elle a constitué la forme initiale de la monnaie, et la base des échanges humains. De quoi donner de solides arguments historiques pour contester l’acharnement européen mortifère à obtenir de la Grèce le remboursement intégral d’une dette intenable.

Avec son nouvel essai, dont la traduction française sort cet automne, Graeber s’attaque à un autre symbole de la pensée dominante  : après la dette, c’est le travail qu’il soumet à une cure libératrice. Plus précisément, il s’attaque aux emplois « à la con », ces nombreux jobs inutiles, voire absurdes, qui prolifèrent dans les sociétés occidentales.

Au départ de ses recherches, il y a cette intuition que « de très nombreuses personnes, en Europe et en Amérique du Nord en particulier, passent toute leur vie professionnelle à accomplir des tâches qui, selon elles, n’ont pas vraiment besoin d’être accomplies ». Dès 2013, il l’évoquait dans une « diatribe sur le travail », publiée sur le site américain de gauche radicale Strike [2]. L’article met alors le feu aux poudres : en quelques semaines, il est traduit en quinze langues et repris par des journaux et des forums en ligne du monde entier.

Cinq ans plus tard, Graeber a étayé son intuition  : en s’appuyant sur un grand corpus de témoignages, il développe une véritable théorie des (...)

=> Lire l’intégralité de cet article dans notre magazine.

[1Culpabilité que l’on retrouve au cœur de l’étymologie germanique, puisque « schuld » renvoie au « péché ».

[2On the Phenomenon of Bullshit Jobs : A Work Rant, de David Graeber strikemag.org/bullshit-jobs

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