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Féminisme

« Tremblez, les sorcières sont de retour »

Les chapeaux pointus reviennent en force. Pour la dépénalisation totale de l’avortement en Belgique, contre la réforme du travail en France (au cri de « Macron au chaudron ») ou encore à Portland pour jeter un sort contre Donald Trump, de plus en plus de sorcières apparaissent dans nos rues. Loin du folklore façon Halloween auquel nos sociétés ont réduit cette figure, elles revendiquent un féminisme politique affirmé. Ces mouvements usent de la robe et du chapeau couleur nuit, du symbole et des rituels de la sorcellerie, pour se donner la puissance d’agir.

« Tremate , tremate, le streghe son tornate » (« Tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour  ») scandaient les féministes italiennes dans les années 1970. Des activistes du Women’s International Terrorist Conspiracy from Hell ou W.I.T.C.H. (sorcière), à la revue littéraire Sorcières (sous-titrée Les femmes vivent…) fondée par la féministe française Xavière Gauthier et où publieront entre autres Marguerite Duras et Nancy Huston, les liens entre les sorcières et les féministes se nouent dans l’après 68. « Sorcières parce qu’elles dansent. Elles dansent à la pleine lune, écrit-elle dans un éditorial. Femmes lunaires, lunatiques, atteintes – disent-ils – de folie périodique. Gonflées de révolte fulgurante, de colère bouillonnante, gonflées de désir, elles dansent sur la lande sauvage des danses sauvages. »

Cette sorcière comme symbole féministe subversif revient aujourd’hui en force.
Entre le 14e et le 17e siècle, la sorcellerie a fait l’objet de procès arbitraires et d’une répression féroce. Des dizaines, voire des centaines de milliers de sorcières ou prétendues telles, ont été torturées et brûlées – les évaluations du nombre de victimes varient entre 50 et 200 000 sur base d’estimations difficiles, car la plupart des archives ont été détruites. « Lorsqu’une femme était accusée d’être une sorcière, elle partait toujours perdante, rappelle Chris Paulis, docteur en anthropologie de l’ULiège. L’un des tests consistait par exemple à la jeter à l’eau : si elle flottait, c’était une sorcière, si elle coulait, elle n’en était pas. La mort était donc la seule issue. »

Ces paysannes aux connaissances empiriques qui utilisaient les plantes pour soigner, mais aussi pour avorter, voire pour empoisonner, devaient être éliminées au profit d’une médecine masculine, placée sous l’égide de l’église. « Plus les hommes se rendaient compte que ces femmes pouvaient rivaliser avec eux, avoir les mêmes compétences et même détenir des savoirs médicaux qu’ils ne possédaient pas – notamment sur la maîtrise de la fécondité –, plus ils ont cherché à les pourchasser et à les confiner à la maison », poursuit l’anthropologue. Il s’agit alors de stopper toute velléité d’autonomie et de contrôle de leur corps.

Pour l’historienne Silvia Federici, cette chasse aux sorcières annonce par ailleurs l’avènement d’un nouveau monde, en marche forcée vers le capitalisme. Alors que ces femmes étaient les premières utilisatrices et protectrices des biens communs, ceux-ci sont confisqués, transformés en propriétés privées, ce qui débouchera ensuite sur l’accumulation de richesses et la naissance du capitalisme, via notamment (...)

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