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Tous vivants

Humains et animaux,
le temps du dialogue

Des individus appartenant à des espèces distinctes peuvent-ils converser entre eux ? Et si oui, par quel canal ? Va-t-on bientôt recourir à des interprètes capables de traduire le « parler chien » en langage humain ? Ces questions passionnent de plus en plus biologistes, vétérinaires et philosophes. Mais tous n’apportent pas les mêmes réponses.

L’autre soir, à la télévision, Alain Finkielkraut était l’invité d’un talk-show très couru. Surtout connu pour ses propos polémiques relatifs à l’immigration ou à la réforme de l’orthographe, le philosophe n’en est pas moins un observateur sensible du monde animal. Son dernier livre, Des animaux et des hommes, se compose d’une succession d’entretiens avec plusieurs intellectuels en pointe sur le sujet : Jocelyne Porcher, Corinne Pelluchon, Jean-Christophe Bailly, Elisabeth de Fontenay… Et donc ce soir-là, bien assis sous les projecteurs, Finkielkraut avait laissé de côté les raccourcis et la rancoeur, pour se présenter en ami des bêtes sincère, nuancé. Au point de se faire le chantre d’un dialogue nouveau : « On peut avoir, avec bien des animaux paisibles, de magnifiques conversations silencieuses », assurait l’académicien.

De Belle et Sébastien à Sauvez Willy, le cinéma a souvent mis en scène ce tête-à-tête entre l’homme et l’animal. Est-ce le reflet d’une indécrottable naïveté, d’une propension à tout ramener à nos yeux d’humains ? Ou bien la culture populaire a-t-elle compris une évidence que la science s’est longtemps refusée à admettre, à savoir que des échanges profonds peuvent s’établir entre individus d’espèces distinctes ?

Ces questions soulèvent aujourd’hui un intérêt grandissant parmi les chercheurs, mais ceux-ci y apportent des réponses extrêmement variées, voire contradictoires. En prétendant pouvoir comprendre ce qu’expriment les animaux, les êtres humains ne manifestent-ils pas, une fois de plus, une terrible arrogance ? Dans son dernier livre, le grand éthologue néerlandais Frans De Waal cite une célèbre formule du philosophe et mathématicien Ludwig Wittgenstein : « Un lion pourrait parler, nous ne pourrions le comprendre. » La mise en garde est une leçon d’humilité adressée à l’être humain. Les lions envisagent leur milieu de vie d’une toute autre manière que nous. Ce qu’ils auraient éventuellement à nous dire s’inscrit dans un système étranger à tous nos repères. Faut-il pour autant renoncer à les écouter ?

Pas forcément. Frans De Waal invite l’être humain à redoubler d’efforts pour comprendre le reste du vivant : « Même si nous ne sommes pas capables de sentir ce que les animaux éprouvent, nous pouvons tout de même tenter de sortir de notre propre Umwelt (environnement sensoriel) et d’imaginer les leurs. »

Décoder leur langage
Dans ce domaine, les travaux d’Irene Pepperberg constituent une référence. Cette éthologue étatsunienne a dirigé une expérience de quatre ans avec un perroquet, Alex, qui maîtrisait plus de cent cinquante mots en anglais et qui en comprenait plus de mille. Alex pouvait par exemple décrire la forme et la couleur des objets. Autre recherche célèbre : la psychologue étatsunienne Diana Reiss a appris à des dauphins à se servir d’un clavier comprenant neuf symboles différents. Lorsque les dauphins appuyaient sur un symbole, un ordinateur envoyait un (...)

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