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Agir


L’atelier

George Monbiot :
« On ne sauvera pas
la planète avec des baskets écologiques »

Dave Stelfox

Pour le journaliste et militant écologiste britannique, « ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ». Mais la politique des petits gestes individuels ne suffira pas à sauver l’humanité : pour George Monbiot, la communauté forme le cœur de la transformation politique dont nous avons besoin. Rencontre à Oxford avec un intellectuel lucide et avisé.

George Monbiot se penche sur les orties qui bordent le sentier. « Quand je venais ici enfant, cela fourmillait de chenilles. » Pour l’instant, aucune ne se manifeste. L’air un peu déçu, l’écrivain et journaliste britannique – l’une des grandes voix de l’écologie outre-Manche – continue sa progression sur ce chemin qui part du parking de l’hôpital Churchill d’Oxford pour slalomer dans une vaste prairie qui voisine un quartier résidentiel.

De temps à autre, Monbiot s’immobilise et observe à nouveau les orties. « Non, rien. Pas une seule. » Nouvel arrêt cent mètres plus loin, où ses yeux scrutent de gauche à droite, dans l’espoir de repérer la chenille d’un vulcain, d’un paon-du-jour ou d’un robertle- diable, autant de papillons pour lesquels l’ortie est la plante hébergeuse. « Enfant, je cueillais les chenilles sur les feuilles et je les laissais éclore à la maison. Par la suite, je suis venu avec ma fille pour qu’elle fasse la même chose. Nous n’avons trouvé aucune chenille. Je me suis dit qu’on était encore trop tôt dans la saison. Mais là, ma crainte est que ces papillons aient disparu. »
Monbiot ôte les lunettes de son nez et se frotte les yeux, comme s’il ne voulait pas simplement évacuer une grosse fatigue consécutive à son traitement contre un cancer, dont il vient tout juste d’être délivré, mais aussi se débarrasser de la sensation désagréable que tout dans ce monde évolue en se délitant. « Parfois j’en viens à penser que la nature que j’ai connue dans mon enfance était le produit de mon imagination. Que je m’illusionne en me souvenant qu’il y avait tant de chenilles, de papillons et d’oiseaux. Mais c’est pourtant une réalité objective : il y a de moins en moins d’insectes. »

Nous continuons de marcher. Au fur et à mesure que nous nous éloignons de l’hôpital, le bruit du trafic automobile s’atténue. On perçoit avec netteté le grésillement discret qui émane des hautes herbes.

« C’est du territoire reconquis », murmure Monbiot, un brin énigmatique, assis sur un banc installé au plus haut point de la prairie. La vue plonge sur l’hôpital qui, ces derniers mois, a été le point central de son existence. Le diagnostic est tombé en mars 2017 : cancer de la prostate. Les suites de la maladie l’obligent à présent à adopter un rythme nouveau, un rythme fait de lenteur et de lâcher-prise. « Il y a tant de choses à faire, mais je dois maintenant ralentir. Je n’ai pas le choix. Mon corps a besoin de repos. »

Il secoue la tête, comme s’il voulait dire : marre de cette maladie  ! Puis, il fixe le sol à ses pieds, et on comprend mieux l’ambivalence de son propos quand il parlait de territoire reconquis. « Il était question de construire ici même un nouvel ensemble immobilier. Les habitants du quartier se sont organisés et ont permis que les lieux demeurent un espace de promenade. C’est un endroit vital qui nous permet de respirer à la lisière de la ville et de sa frénésie. Voilà le résultat qu’une communauté peut obtenir quand elle s’organise, quand elle s’unit. »

Se sentir de quelque part, nouer des liens de solidarité, concevoir une action collective, faire des choses ensemble… Ce sont les thèmes que Monbiot explore dans son dernier livre, Out of the Wreckage (Hors de l’épave, non traduit). Avec cet ouvrage, l’auteur propose (...)

=> Lire l’intégralité de cet article dans notre magazine.

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