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Prendre le temps


Culture

Lola Lafon,
une drôle de rage

En cinq romans et deux disques, Lola Lafon s’est imposée comme une voix nette. Celle d’une artiste totale, militante anticapitaliste éprise d’une vie d’errance, et que la chaleur des luttes collectives a rendue à l’optimisme.

Elle est là, devant nous. Elle avait fixé rendez-vous à la sortie d’une station de métro, dans ce 18e arrondissement de Paris populaire et bigarré. Au-dehors, la nuit venait de tomber. Un marchand de fruits et légumes servait une dernière cliente avant de replier son étal. A même le trottoir, des migrants faisaient griller des épis de maïs sur une petite grille, barbecue de fortune. De la bouche du métro, remontait la multitude des voyageurs, en cohortes grises, compactes, serrées. Ah, que Paris est une ville dure, se disait-on. Et soudain elle est apparue, comme jaillie d’une lampe d’Aladin. Jupe courte, bas résille, blouson rouge vif, du vernis couleur jade sur les ongles, et ces cheveux d’un blond doré qui rappellent l’éclat de l’été, même au cœur de l’hiver. On l’a suivie vers un café tout proche. Même quand elle marche, on dirait qu’elle sautille, qu’elle ondule. La grâce des danseuses – qui est aussi une forme d’orgueil et de droiture.

Quand Lola Lafon se met à parler, sa voix charrie des sourires, et ça contraste avec la sécheresse, l’intransigeance des mots qu’elle fait sortir d’elle. Il arrive que ses phrases coupent comme des lames. En cinq romans et deux disques, cette artiste totale a fait entendre une voix nette, irremplaçable pour beaucoup de ceux et celles qui la suivent.

La cohérence de son œuvre, sans doute, est à chercher dans une quête : mettre l’individu et le collectif à l’unisson. Ce qu’elle crée peut se lire comme un manifeste d’insubordination, un chant en faveur d’une liberté aussi nécessaire que l’eau et l’air, le refus entêté d’être cadenassée par quiconque, et en même temps l’expression d’un besoin viscéral, permanent, d’être reliée au groupe. « Cette double dimension, c’est aussi une tension, opine-t-elle. Mon premier métier, c’était la danse. C’est un métier très (...)

=> Lire l’intégralité de cette rencontre dans notre magazine.

Photo : Actes Sud / Lynn S. K.

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