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Le labo

Migrations :
« On perd du temps
à ériger des murs »

En Normandie, le port de Ouistreham est, après Calais, le deuxième point de départ de la France vers l’Angleterre. Les 110 000 camions annuels qui traversent la mer aimantent les exilés. Pour pallier l’inaction du maire de la commune, un collectif d’habitants a vu le jour pour leur venir en aide.


Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Quelques promeneurs emmitouflés flânent sur le port de Ouistreham, ville de neuf mille habitants située sur la côte calvadosienne. Traînant leurs cabas, une poignée de chalands font leurs emplettes dans la petite halle du marché aux poissons, place du Général de Gaulle.

Le long de l’édifice, un ballet de voitures et de camions défile au compte-goutte vers un terminal où l’Armorique, un navire d’une capacité de 1 500 passagers, larguera les amarres à 16 h 30 pétantes. Direction Portsmouth, en Angleterre. Les car-ferrys effectuent trois aller-retour quotidiens entre les deux ports. Ils charrient près d’un million de voyageurs et 110 000 camions par an, ce qui en fait la deuxième liaison française pour l’Angleterre, après Calais. Des gendarmes mobiles inspectent les environs et scrutent les essieux des véhicules les plus imposants.

« Je tente ma chance »
En lisière du canal, Mahdi chemine tranquillement vers la rue de l’Yser, où il s’adosse à la clôture d’un pavillon. Capuche sur la tête, mains dans les poches, il colle son épaule à celle de Moussa, compatriote soudanais. Mahdi s’exprime dans un anglais impeccable, où il mêle, de temps à autre, des mots français. Du haut de ses 19 ans, la vie de Mahdi ressemble déjà à une odyssée. Le jeune homme a fui son Darfour natal et la fureur des miliciens janjawids, a échappé aux bandes criminelles en Libye, traversé la Méditerranée sur un rafiot, été forcé de laisser ses empreintes digitales en Italie et a rallié tant bien que mal le nord de la France : Calais, puis Ouistreham.

Cet après-midi de janvier, comme chaque jour depuis près d’un an, il s’évertue à rejoindre une Angleterre au parfum de vie meilleure. « I take my chance » (Je tente ma chance), explique-t-il dans un regard posé vers l’embarcadère.

Quelques minutes plus tard, un camion se profile et s’engouffre sur la place du Général de Gaulle, en direction du ferry. Mahdi et six de ses compagnons d’infortune sprintent aux trousses de l’engin. Ils tentent d’en ouvrir les portes pour se faufiler en son sein. C’est peine perdue : le véhicule est cadenassé et prend de la vitesse.

Une troupe de gendarmes observe la scène distraitement. Quelques minutes plus tard, un nouveau camion survient et la même scène se répète. Mais cette fois, Mahdi passe son tour : dans une ruelle adjacente, une partie de football est lancée. Le ballon jaune est dégonflé mais, qu’importe, l’Angleterre attendra quelques minutes.

« Nous sommes là pour combler un vide »
Sur les coups de dix-huit heures, à bord d’une fourgonnette, Miguel et Christophe longent le chalutier Charles-de-Foucault et se garent au bout du chemin de halage. Ils sont parmi les cofondateurs du Collectif d’aide aux migrants de Ouistreham (Camo), créé à l’été 2017.

« On voyait ces jeunes errer dans les rues de Ouistreham, sous nos fenêtres, raconte Miguel, résidant ouistrehamais. On s’est intéressé à eux, à leur histoire, à leurs conditions de vie et on s’est rendu compte du danger qu’ils encouraient : ils dormaient dans les bois, ils avaient faim. Humainement, c’était intolérable de rester les bras croisés. On a commencé à cuisiner pour pallier l’urgence et tout est parti de là. On était quatre. Aujourd’hui, on est plus de (...)

=> Lire l’intégralité de cet article dans notre magazine.

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