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Prendre le temps


Grand entretien

Dominique Bourg : « Comment ne pas se radicaliser quand l’enjeu devient vital ? »

Pour faire face à la catastrophe annoncée, le philosophe français, adepte d’une écologie intégrale, se méfie des discours apocalyptiques et du mythe technologique. Il mise plutôt sur un « renouveau de sens » pour, dit-il, « libérer les imaginations ».

La transition numérique mondiale s’accélère tandis que la transition écologique, au mieux, marque le pas. C’est sur ce constat que s’ouvre Ecologie intégrale, l’ouvrage que viennent de publier le philosophe français Dominique Bourg et l’économiste belge Christian Arnsperger, tous deux professeurs à l’université de Lausanne, en Suisse.
Pour y remédier, les deux auteurs proposent à la société de se mobiliser au plus vite autour d’un objectif collectif qui corresponde enfin à ce qu’exige l’état de dégradation de la planète. Cette « voie de sortie » passe par une pluralité d’expérimentations – des micro-expériences citoyennes de permaculture jusqu’à la production industrielle la plus high tech. De passage à Bruxelles, Dominique Bourg s’est longuement expliqué, entre lucidité et résolution, sur les transformations qu’impose une époque très sombre.

En passant en revue vos écrits et vos déclarations publiques, l’impression prévaut que vous vous êtes radicalisé au fil des années.
Est-ce correct ?

Ce n’est pas moi qui suis de plus en plus radical, la situation elle-même s’est radicalisée. Pour toutes les questions d’environnement, il est essentiel de bien avoir l’historique des choses en tête. Si on remonte à la décennie 1990, qui débute avec le sommet de la Terre à Rio en 1992, c’est encore une époque d’optimisme. On connaît tous les courbes du rapport Meadows sur les limites de la croissance, publié en 1972, mais on pense qu’il reste des solutions grâce auxquelles on parviendra à éviter une dérive trop forte.
En 1992, sur le plan scientifique, on n’a pas encore pris conscience de la persistance dans l’atmosphère des gaz à effet de serre. Du coup, on mesure mal leurs effets sur le temps long. On envisage alors le réchauffement climatique sur une durée d’un siècle, un siècle et demi. Des travaux ultérieurs vont démontrer que c’est bien plus grave. Même si on stabilise les émissions de CO2 vers 2050, et j’ai bien peur que ce soit plutôt 2070, la température va encore augmenter au siècle suivant, entre un demi-degré et deux degrés selon les modèles. Elle se stabilisera ensuite pour plusieurs millénaires, probablement cinq mille ans, et ce n’est qu’après qu’intervient un très long decrescendo. On fait face à une irréversibilité extrêmement forte et sur un temps long.

C’est là la raison de votre radicalisation ?
Quand on suit la littérature scientifique, c’est impossible de ne pas se radicaliser. D’après un article qui vient tout juste de paraître, on risque de connaître dans quelques décennies un climat comparable à celui d’il y a cinquante millions d’années. Ce climat, le vivant d’aujourd’hui n’y est pas du tout adapté. Toutes les espèces actuelles ont traversé le quaternaire – une période caractérisée par la glace aux pôles et une alternance de périodes glaciaires et interglaciaires.
Pour simplifier, à chaque cycle glaciaire long, l’ensemble des espèces vivantes s’est réfugié sous les tropiques. Là, la température n’a jamais excédé deux degrés par rapport à la fin du 19e siècle de notre ère, qui sert de référentiel. Dans les décennies à venir, on risque d’excéder les deux degrés. On va entrer dans un tunnel de variation des températures qui dépassera ce à quoi toutes les espèces vivantes actuelles sont (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien dans notre magazine.

Photo : Yves Samuel/Ciric

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