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La fin du FMI ?

Dévalué dans ses fonctions de gendarme monétaire, contesté par ses clients et par ses propres membres, menacé par les déficits, le FMI ouvre le délicat chantier de sa réforme.

A 60 ans passés, le Fonds monétaire international (FMI) se cherche de nouvelles raisons d’être. Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour jouer les gardiens du système financier international, l’institution s’est rapidement transformée en bailleur de fonds intransigeant pour pays endettés. C’est elle qui, avec la Banque mondiale, imagine et impose les impopulaires plans d’ajustements structurels en vogue dans les pays du Sud depuis 20 ans. Ces plans, rebaptisés aujourd’hui documents stratégiques de lutte contre la pauvreté, imposent de lourdes mesures d’austérité aux pays débiteurs invités à rationaliser leur économie, à liquider leurs services publics et à privatiser les entreprises d’Etat.

Or l’embellie que connaît l’économie mondiale, avec 5% de croissance attendue cette année, prend l’institution à contre-pied. Les pays endettés, soucieux d’échapper aux conditionnalités du FMI, utilisent leur excédent de trésorerie pour rembourser anticipativement leurs dettes. « Entre 2003 et 2006, constate Arnaud Zacharie, directeur de recherche au CNCD, les encours des prêts du FMI ont diminué des deux tiers. A ce rythme, la totalité des prêts auront disparu en l’espace de cinq ans. L’institution est d’autant mal prise que les deux tiers des créances restantes sont détenues sur la seule Turquie. » Cette hémorragie de clients frappe l’institution directement au portefeuille. Le manque à gagner, estimé à 600 millions de dollars en trois ans, devrait faire plonger son budget. Un comble pour un bailleur de fonds redouté pour son orthodoxie !

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