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Maroc : un vent de modernité souffle sur le royaume

Dans un Maroc en mutation, des voix appellent à la séparation de la religion et de l’Etat. Elles interrogent directement le Palais royal, qui règne en maître sur les affaires temporelles et spirituelles.

De gigantesques terrasses de café, toujours bondées, avalent une partie de la place Sraghna, point central du quartier populaire El Miter et Bouchentouf, au cœur de Casablanca. Sur un coin, un marché attire une petite foule en quête de quelques emplettes ou de connaissances à saluer. El Miter tient une place particulière dans la conscience marocaine depuis qu’il a lancé, voici plus de 60 ans, les premières luttes pour l’indépendance du pays. « Ici vivaient surtout des ouvriers et une petite bourgeoise commerçante, commente Abdallah Zaâzaâ. Ce qui explique que la résistance soit issue de ce quartier. »
Depuis, le temps a passé. Les classes moyennes ont déserté El Miter, l’abandonnant à une population fragilisée. Fondateur du comité de quartier, Abdallah Zaâzaâ s’attache aujourd’hui à lui donner un second souffle au travers d’actions sociales et culturelles. C’est également dans ce quartier qu’il a envisagé l’impensable, voici une dizaine d’années : organiser une rencontre sur le thème de la séparation de l’Etat et de la religion. « Un débat inimaginable dans une société traditionaliste, où l’Islam est religion d’Etat, se souvient-il. Mais les discussions ont été très vives et nous nous sommes quittés tard dans la nuit sans tension. C’était un ballon d’essai. »
Aux élections communales suivantes, le militant franchit une étape supplémentaire. Il présente sa candidature sous une étiquette ouvertement laïque, progressiste et favorable à l’égalité hommes-femmes. « En me disant laïque, mes amis me voyaient tout de suite battu. J’ai abordé la campagne seul, avec le soutien de ma femme et de quelques anciens détenus politiques, contre une coalition de 16 autres candidats. J’ai tout de même été élu avec 45 % des voix. Les électeurs se sont prononcés sur mon discours et sur ma personnalité. La laïcité était, pour eux, une question secondaire qui ne faisait pas obstacle. »

Fidèle et citoyen

Parler de séparation de l’Etat de la religion en terre d’Islam n’est pas une mince affaire. Sans église institutionnalisée, la foi musulmane place le fidèle en rapport direct avec son dieu, sans intermédiaire. L’absence de clergé élude ainsi la question de la séparation avec l’Etat. A moins que ce ne soit le contraire. Le fidèle, devenu citoyen, doit tenir compte du divin qui l’inspire au quotidien pour comprendre les choses de l’Etat.

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