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édito


« Imagine »

La fin ? Ou un recommencement ? - édito

Ceci est le dernier numéro d’« Imagine »...dans la formule actuelle. Le 6 septembre dernier, Ecolo, qui était jusqu’à présent l’unique actionnaire du magazine, a en effet de décidé de ne plus lui verser de dotation annuelle à partir du 1er janvier 2003. Ce qui pourrait mettre fin à l’existence d’« Imagine ». L’équipe du magazine, qui a toujours été indépendante sur le plan rédactionnel, ne souhaite pas en rester là. Soutenue dans son action par de nombreux lecteurs, membres du parti vert ou non, l’équipe a demandé à Ecolo, de lui céder « les clés » d’« Imagine » pour un euro symbolique. Les clés, c’est-à-dire le titre, le fichier et l’équipement de bureau. De quoi préserver l’outil et, c’est notre espoir, relancer le magazine au début de l’année prochaine.

Ecolo s’est montré ouvert à cette proposition et des négociations ont été programmées entre les deux parties [1].
Le 3 octobre dernier, l’Assemblée générale de l’ASBL « Imagine le monde allant vert », qui édite le magazine, a pris la décision d’entamer le processus de liquidation. Il s’étalera sur quelques semaines et devrait se passer « en douceur ». Ce qui laisse un peu de temps à la rédaction pour trouver de nouveaux partenaires et élargir le lectorat.
L’intention de l’équipe est de vérifier si ce projet peut disposer des soutiens dont il a besoin. Il s’agit, sur base de ce qui a été construit depuis 1996, de faire un « tour des possibles ». C’est-à-dire d’examiner, les clés d’« Imagine » en main, si un avenir crédible peut être envisagé pour ce média unique dans la Communauté Wallonie-Bruxelles. Et notamment si un projet de budget qui tient la route peut être construit pour 2003.

La quête d’un autre projet de société

Une relation de complicité, de connivence parfois, a été construite entre l’équipe d’« Imagine », ses collaborateurs et des milliers de lecteurs. Cette relation - qui constitue la véritable valeur ajoutée du magazine - repose sur la quête d’un autre projet de société, sur une volonté concrète que ce monde change et aille vers plus de liberté, de vérité et de solidarité, vers plus de respect de soi-même, des autres et de notre planète. Nous pensons que cette relation ne peut s’arrêter comme cela, pour d’étroites raisons financières, sans que toutes les parties potentiellement concernées soient au moins informées... et aient la possibilité de contribuer à relancer la machine. Or, dans le cas d’un projet de presse comme « Imagine », toutes les parties, bien au-delà de l’actionnaire actuel, cela veut dire les collaborateurs et les lecteurs... mais aussi les partenaires potentiels : des ONG, des annonceurs, ainsi qu’un groupe de presse ou de communication. Tous sont susceptibles, chacun à son niveau, d’apporter leur pierre à la construction de l’« Imagine » de demain. En regard de nombre de publications diffusées sur le même petit territoire belge francophone, « Imagine » n’a pas à rougir de ses résultats. En effet, ce magazine, aujourd’hui, c’est un titre, une crédibilité, une (petite) équipe enthousiaste, un regard très particulier sur le monde, un savoir-faire, plusieurs dizaines de pigistes et de chroniqueurs de talent, une chaîne de fabrication construite avec des partenaires fiables et compétents, de 6.500 à 7.000 ventes chaque mois (ce qui signifie quelque 20.000 lecteurs). Et puis, surtout, cette attitude résolument constructive, mais qui n’a pas peur d’aborder les vrais problèmes, attitude qui fait que les collaborateurs et les lecteurs savent intimement pourquoi ils et elles se retrouvent autour de ce projet de presse.
Sur le plan financier, la question qui se pose aujourd’hui à propos d’« Imagine » est la suivante : ce magazine a-t-il « fait le plein » de lecteurs dans la Communauté Wallonie-Bruxelles ? Certains le pensent. L’équipe parie le contraire.
On touche là aux deux points faibles d’« Imagine » : la quasi-absence de promotion du produit, et le manque criant de publicité payante. Or il faut savoir que celle-ci contribue largement à l’équilibre financier de la presse aujourd’hui.
Précisons encore qu’« Imagine » n’a pas accès à l’aide à la presse, actuellement limitée aux quotidiens et aux hebdomadaires.

Trois de types de partenaires

D’où pourrait venir le quasi-miracle qui, en un mois, permettrait à « Imagine » de construire un budget 2003 en équilibre ?

Des lecteurs et futurs lecteurs d’abord qui, en s’abonnant plus nombreux, apporteraient un soutien plus grand, plus fort au magazine. Ainsi, pour répondre à une abonnée catastrophée (« Ce n’est pas vrai ! Qu’est-ce que je vais lire ? »), qui nous demandait, il y a quelques jours : « Et que pouvons-nous faire ? », eh bien ! soyons un brin rêveur : si chaque lecteur pouvait faire un nouvel abonné, « Imagine » serait évidemment dans une tout autre situation financière. Pour concrétiser cette volonté de voir vivre « Imagine », vous pouvez nous renvoyer des « promesses d’abonnement  » [2]
.
De certaines ONG ensuite, avec qui « Imagine  » souhaite construire un partenariat respectueux des identités de chacun. L’équipe a la conviction qu’« Imagine » peut jouer le rôle de magazine « tête chercheuse, qui fait les liens et qui jette des ponts » entre les personnes et les associations actives sur les terrains de l’altermondialisation, de l’écologie, des droits humains, des rapports Nord-Sud, du commerce équitable, du développement durable, de l’éducation, de la santé, de la culture... Osons faire le constat : le développement durable ne décolle pas, notamment parce que les liens ne sont pas systématiquement faits entre les actes de notre vie quotidienne et la façon dont le monde tourne. Or, c’est là le cœur d’« Imagine  ». Ce projet rédactionnel n’est pas mort. L’équipe du magazine est toujours en place. Le moteur est à l’arrêt. Il ne lui manque rien d’autre que du carburant pour redémarrer. Une occasion de construire un magazine porteur de cette vision du monde alternative passe à portée de main des ONG. Des discussions ont été entamées. Nous espérons qu’elles pourront aboutir rapidement à des engagements concrets.

Des secteurs de la presse et de la publicité, enfin. « Imagine » cherche un partenaire de presse qui, par sa capacité de toucher un large public, pourrait constituer un tremplin pour le magazine. Ce partenaire bénéficiant, en retour, d’une réelle possibilité de diversification et d’élargissement de ses propres activités. « Imagine » cherche aussi des annonceurs désireux de s’engager sur ce terrain nouveau, particulier à notre époque, qui marie l’éthique au développement durable, l’épanouissement personnel au respect de la planète, le plaisir de vivre aujourd’hui à la responsabilité envers les générations futures. On voit poindre ce marché çà et là, comme s’il cherchait sa voie, loin des autoroutes balisées McDo, Nike ou Coca-cola. « Imagine » pourrait être un lieu de ralliement pour ces publicitaires éthiques émergeants.

Chères lectrices, chers lecteurs : entre « adieu » et « à bientôt »

Aujourd’hui collectivement licenciée, l’équipe d’« Imagine » s’est donné jusqu’à la mi-novembre pour faire le tour de ces partenaires. Si, pour cette date, elle arrive à construire un budget crédible, « Imagine  » devrait paraître à nouveau. Si ce n’est pas le cas, l’équipe renoncera. « Imagine  » navigue donc aujourd’hui entre deux eaux, entre « adieu » et « à bientôt ». Quelle que soit l’issue de ce « tour des possibles », les abonnés seront personnellement contactés, entre le 15 et le 30 novembre. Soit pour apprendre qu’ils seront incessamment remboursés [3].
Soit pour être invités à poursuivre l’aventure à bord d’un « Imagine » renouvelé.

André Ruwet

[1Elles devraient être clôturées au moment où vous lirez ce texte.

[2Voir à ce propos la fiche encartée.

[3Des numéros payés mais non reçus, évidemment.

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